Les marées vertes, un fléau ancien, difficile à éradiquer

En 2008, les algues représentaient ainsi 4.100 hectares de surfaces couvertes, contre moins de 1.860 ha en 2018.
En 2008, les algues représentaient ainsi 4.100 hectares de surfaces couvertes, contre moins de 1.860 ha en 2018. - © MARTIN BERNETTI/AFP

Les algues vertes, qui ont couvert jusqu'à 4.100 hectares en 2008 en Bretagne, région où le phénomène est le plus massif, restent un fléau, même si leur volume tend à baisser.

 

Si les algues vertes ont toujours existé, leur prolifération est apparue après 1945 et les élus de Saint-Michel-en-Grève (Côtes-d'Armor) décrivent les premiers une "végétation verte abondante, gluante" qui recouvre la plage et "se décompose rapidement en masse blanchâtre, mousseuse, nauséabonde, transformant la grève de sable fin en un tas de fumier dont l'odeur infecte se répand jusqu'à l'intérieur des terres".

Épisodique au début, le phénomène s'étend progressivement à d'autres baies.

En 2008, les algues représentaient ainsi 4.100 hectares de surfaces couvertes, contre moins de 1.860 hectares en 2018, selon les mesures réalisées par le Centre d'étude et de valorisation des algues (Ceva).

 

A l'échelle de la Bretagne, les communes ont ramassé près de 55.000 m3 d'algues vertes en 1997, quelque 88.000 m3 en 2009, et 28.500 en 2018, selon le Ceva, qui précise toutefois que "les volumes ramassés ne sont pas un indicateur de la production totale des baies mais plutôt des nuisances ressenties localement et des efforts consentis par les communes". 

Le ramassage varie notamment en fonction des budgets des communes, les plages touristiques étant plus activement débarrassées de leurs algues à la belle saison.

La concentration des cours d'eau en nitrates est, elle, passée d'environ 54 mg de nitrates par litre en 2001 à 30,5 en 2017 avec une légère remontée à 32 mg/l en 2018 due à une pluviosité annuelle importante, selon une moyenne réalisée par le Ceva sur un échantillon de 15 cours d'eau bretons, moyenne toutefois non pondérée par la taille des cours d'eau. 

 

La baie de Saint-Brieuc, qui concentre 1.200 exploitations agricoles, représente à elle seule, notamment par sa taille, 50% des échouages d'algues en moyenne pluriannuelle. Selon des modélisations scientifiques, un taux de nitrate d'environ 10 mg/litre est nécessaire pour empêcher la prolifération des "marées vertes" dans certaines baies très sensibles.

Les chercheurs du Ceva ont par ailleurs commencé à étudier l'éventuel impact du changement climatique sur la prolifération des algues.