Les coûts environnementaux cachés des trottinettes électriques : elles sont aussi polluantes qu'une voiture

Les coûts environnementaux cachés des trottinettes électriques : elles sont aussi polluantes qu'une voiture
Les coûts environnementaux cachés des trottinettes électriques : elles sont aussi polluantes qu'une voiture - © ERIC LALMAND - BELGA

Non ce n’est pas un canular pour inciter le public à cliquer sur un article.

Une étude américaine, menée par trois scientifiques de l’Université d’Etat de Caroline du Nord et publiée sur Fast Company met en évidence le réel coût environnemental de ces engins qu’on croyait green. Pour être très précis, l’étude ne fait le calcul que sur les trottinettes électriques partagées qui ont fleuri depuis quelque temps dans toutes les villes et qui permettent à des milliers d’usagers de se déplacer en ville en ayant l’impression d’aider la planète.

L’étude fait cas d’un total de 125 gr de dioxyde de carbone par kilomètre parcouru sachant qu’une voiture neuve émet 112 gr/km.

 

Quelles sont les raisons d’un tel chiffre ?

1. Une durée de vie d’un mois

Cela vous choque ? Si vous avez suivi un petit peu l’actualité ces derniers mois, vous aurez régulièrement vu des articles ou reportages montrant les dégradations volontaires que subissent tous les véhicules partagés (tant voiture que scooter ou vélo) : tag, destruction, jeté dans les fleuves ou la mer. A Marseille, une association a repêché plus de 150 trottinettes dans le port et estime qu’il en reste encore 300. Les entreprises de véhicules partagés doivent les remplacer rapidement afin que le parc reste stable. A ce rythme-là, on comprend que le coût de fabrication et d’importation des nouvelles trottinettes penche du côté de la pollution plutôt que de l’écologie.

 

2. Une gestion de récupération très polluante

Les trottinettes n’ont pas de vies autonomes et ne se déplacent pas toutes seules d’un point A à un point B et il faut régulièrement les transporter afin de les mettre dans divers endroits stratégiques des villes. De plus, elles ont besoin d’être rechargées (jusqu’à ce que quelqu’un invente une dynamo qui s’alimente toute seule) et le déplacement jusqu’aux bornes de recharge additionné à la recharge elle-même, tout cela à un coût extrêmement élevé en terme d’environnement : 40% du total des 125gr est dû à cette gestion quotidienne.

 

Que faire ?

Ne soyons pas mesquins, une trottinette électrique, en soi, a beaucoup moins d’impact sur l’environnement qu’une voiture. La solution est peut-être de se passer de cette économie de partage et d’acheter sa propre trottinette électrique. Vous la rentabiliserez rapidement si vous l'utilisez pour vos déplacements en remplaçant la voiture et votre élan d’aide à la planète sera récompensé puisque vous ne polluerez presque plus. Une autre solution serait d’éduquer la population à respecter le matériel qu’on met à sa disposition et d’inciter les gens à recharger la trottinette plutôt que de les déplacer en voiture jusqu’à la borne de recharge.

Une fois de plus, il est important de regarder un peu plus loin que le bout de son nez et de se rendre compte que certaines idées sont trompeuses.

Il faut prendre en compte tous les facteurs environnementaux pertinents, tant les matériaux et l’énergie nécessaires à la fabrication des trottinettes, que l’impact de leur récupération quotidienne pour les recharger puis les répartir à nouveau, en plus de l’électricité qui sert à charger leurs batteries.

explique Jeremiah Johnson, un des chercheurs de l’enquête sur la durabilité des trottinettes électriques.