Les chauves-souris vampires se confinent spontanément en cas de maladie

Les chauves-souris vampires pratiquement spontanément la distanciation sociale lorsqu'elles sont malades.
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Les chauves-souris vampires pratiquement spontanément la distanciation sociale lorsqu'elles sont malades. - © belizar73/IStock.com

Une nouvelle étude montre que les chauves-souris vampires pratiquent naturellement la distanciation sociale lorsqu’elles sont malades. Les chercheurs, qui avaient déjà observé ce comportement en laboratoire en mai dernier, ont confirmé leur trouvaille sur le terrain, en pleine nature.

Publiée dans Behavioral Ecology, cette nouvelle étude prouve que certains animaux comme les chauves-souris vampires exercent spontanément la distanciation sociale en cas de maladie, ralentissant de fait la propagation de la pathologie.

Des études ont déjà remarqué que la quarantaine et le confinement sont des pratiques courantes chez certaines espèces comme les chimpanzés par exemple.

Sommeil et isolement pour limiter le risque de contamination

Les chercheurs ont notamment montré que le comportement social joue un rôle primordial dans la façon dont la maladie se propage, en diminuant les risques lorsque les malades s’isolent volontairement ou sont exclus par leurs semblables. Plus naturel et sans doute plus commun encore, le comportement même du malade, qui s’isole pour dormir et/ou se reposer, réduisant a fortiori ses mouvements et ses interactions avec les autres.

Les chercheurs ont étudié l’impact de la maladie sur les relations sociales en pleine nature, se concentrant sur les chauves-souris vampires. Trente et une femelles adultes, qui avaient pris place sur un perchoir à l’intérieur d’un arbre creux à Lamanai (Belize), ont été sollicitées par les chercheurs, qui ont injecté un composant, le lipopolysaccharide, à la moitié d’entre elles, et une solution saline à l’autre moitié.


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Puis les auteurs de l’étude ont collé des capteurs sur les chauves-souris et les ont relâchées dans leur arbre pour étudier le comportement des animaux "malades" et des animaux témoins dans leur habitat naturel.

Moins de contacts avec les non malades, même le partenaire

Verdict, les chauves-souris malades ont passé beaucoup moins de temps avec les autres et fréquentaient encore moins leurs camarades en bonne santé, que ce soit par lien direct ou indirect.

Pendant les six heures de la période de traitement, une chauve-souris "malade" s’est associée en moyenne à quatre camarades de moins qu’une chauve-souris témoin.

Par ailleurs, une chauve-souris témoin avait en moyenne plus de chance de s’associer à chaque autre chauve-souris témoin (49%) qu’à chaque chauve-souris "malade" (35%). Les chercheurs ont également observé un temps moindre passé par les chauves-souris "malades" avec leurs partenaires.

Des résultats qui confirment l’auto-isolement et la pratique de la distanciation sociale de ces animaux en cas de maladie. Un comportement finalement très proche du nôtre… lorsque les symptômes d’une pathologie apparaissent et obligent à se reposer et dormir en attendant de reprendre des forces.