Le rhinocéros de Sumatra de Malaisie a disparu, les scientifiques tentent de le cloner

Le rhinocéros de Sumatra de Malaisie a disparu, les scientifiques tentent de le cloner
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Le rhinocéros de Sumatra de Malaisie a disparu, les scientifiques tentent de le cloner - © duncan1890 - Getty Images

Le dernier rhinocéros de Sumatra en Malaisie, Iman, est décédé en novembre 2019. Les scientifiques malais espèrent utiliser des tissus et des cellules d’Iman et d’autres rhinocéros décédés pour cloner l’espèce.

Les rhinocéros de Sumatra, la plus petite espèce de rhinocéros du monde, sont répertoriés comme étant en danger critique d’extinction dans le monde par le WWF. L’International Rhino Foundation estime qu’il y a moins de 80 spécimens vivants et s'accorde sur le fait que la sous-espèce Malaisienne est éteinte depuis novembre 2019.

Le projet de clonage de l'espèce, mené par une équipe de l’Université islamique internationale de Malaisie (IIUM), se concentre sur la technologie des cellules souches et la fécondation in vitro comme l’explique CNN. Le processus est similaire à la technologie du clonage, en ce sens qu’il vise à donner naissance à un nouveau bébé d'une mère d'une autre espèce mais en utilisant des cellules de rhinocéros de Sumatra, a déclaré le Dr Muhammad Lokman Bin Md. Isa, l’un des principaux chercheurs.

"Avant la mort des trois rhinocéros (les derniers survivants en Malaisie), nous avons recueilli leurs cellules, et ces cellules sont toujours vivantes – c’est pourquoi je suis assez confiant", a déclaré le Dr Lokman.

Le clonage grâce à des cellules vivantes

Voici comment le processus fonctionne : en collaboration avec la Borneo Rhino Alliance (BORA), les chercheurs ont collecté, avant leur mort, des cellules et des tissus des trois derniers rhinocéros de Sumatra au sanctuaire de BORA, y compris Iman. Les cellules provenaient du cœur, des poumons, du cerveau et des reins. 

Il y a alors deux approches possibles : la première consiste à développer ces cellules souches en un ovule et du sperme, pour créer ensuite un embryon qui sera implanté dans une mère porteuse. La deuxième méthode consiste à prendre l’ovule d’un animal de substitution, à retirer le noyau et à y intégrer des cellules somatiques d’un rhinocéros de Sumatra. C’est cette deuxième technique qui a été utilisée pour cloner Dolly, le mouton, en 1996.

Lokman et ses collègues vont tenter les deux approches pour multiplier leurs chances de réussite. De nombreux scénarios pourraient mal tourner mais une expérience presque similaire a déjà été un succès dans une réserve kényane qui abrite les deux seuls rhinocéros blancs du nord : Fatu et Najin, qui sont tous deux des femelles. L’année dernière, les scientifiques ont réussi à féconder des embryons in vitro prélevés sur les deux femelles avec du sperme de mâles décédés, une avancée majeure dans la sauvegarde de la sous-espèce.

Il ne reste plus que cinq espèces de rhinocéros dans le monde et toutes sont menacées. Certaines sous-espèces ont déjà disparu comme le rhinocéros noir de l’Ouest, originaire d’Afrique de l’Ouest, qui a été déclaré éteint en 2013 en raison du braconnage. Le dernier rhinocéros blanc du Nord mâle est mort l’année dernière, ce qui a poussé les scientifiques à essayer la fécondation in vitro avec Fatu et Najin.