Le pangolin : l'animal le plus braconné au monde, qu'on ne connaissait pas vraiment avant la pandémie

Le pangolin : l'animal le plus braconné au monde, qu'on ne connaissait pas vraiment avant la pandémie
Le pangolin : l'animal le plus braconné au monde, qu'on ne connaissait pas vraiment avant la pandémie - © Charles Van Zyl / EyeEm - Getty Images/EyeEm

Tristement rendu célèbre par la pandémie, le pangolin a été au cœur de nombreux récits médiatiques. On l'a accusé (à tort) d'avoir transmis le Covid-19 aux humains. Pourtant, ONG et associations parlent depuis longtemps de cet animal sauvage, mammifère le plus chassé au monde. Une Journée mondiale lui est même consacrée.

En février 2020, alors que le nouveau coronavirus commençait à faire rage en Europe, le monde entier avait les yeux braqués sur le pangolin. L'animal s'est en effet retrouvé sur le banc des accusés pour avoir "servi" d'hôte intermédiaire au Covid-19. Une théorie qui a été contestée depuis.

Le goût pour sa chair et ses écailles menace la survie de l'espèce

La Journée mondiale du pangolin, instaurée via la campagne "Wild for Life" de l'ONU en 2016, se tient chaque troisième samedi de février. Car au-delà du statut peu glorieux dont il a hérité dans ce contexte de pandémie, le pangolin est surtout connu pour être le mammifère le plus chassé au monde. Au lancement de "Wild for life", le nombre de pangolins arrachés de leur habitat naturel au cours de la dernière décennie était estimé à 1 million. 

Originaire d'Afrique subsaharienne et d'Asie, le pangolin compte huit espèces. Ce drôle de mammifère nocturne est très convoité par les braconniers qui, avides de sa chair et de ses écailles, le chassent sans répit depuis de nombreuses années.  

Les écailles du pangolin sont composées de kératine (tout comme les cornes de rhinocéros, également très convoitées), protéine naturellement présente dans les ongles et les cheveux chez les humains et considérée comme extrêmement précieuse dans certaines civilisations. En Asie, la "poudre miracle" issue des écailles de pangolin aux prétendues vertus curatrices (voire aphrodisiaques) se vend à prix d'or.

Les écailles de pangolin font aussi l'objet de superstitions. Selon la croyance, en glisser une dans sa poche "porterait chance". La viande et la soupe de fœtus de pangolin sont également des mets réputés, notamment en Chine et en Asie du Sud-Est.

La pandémie n'a pas mis fin à son exploitation

Selon un rapport de la Wildlife Justice Commission sur le trafic mondial de pangolins, le volume des cargaisons illégales signalées de plus de 500 kg a augmenté de 138% entre 2018 et 2019, passant de 2,6 tonnes  à 6,2 tonnes. "Avec les espèces asiatiques sur le point de disparaître, la demande s'est déplacée sur le pangolin d'Afrique", explique l'ONG. 

L'arrivée du Covid-19 a-t-elle finalement été une aubaine pour les pangolins ?

Si plusieurs pays (Chine, Gabon) ont interdit leur production de viande de pangolin au début de l'épidémie, l'exploitation de ses écailles n'a toutefois pas été interdite. 

Le Fonds international pour la protection des animaux (IFAW), entité des Nations Unies, lutte activement pour la protection des pangolins. En 2016, l'IFAW s'est mobilisé, aux côtés de plusieurs ONG, pour faire inscrire l'ensemble des huit espèces de pangolin sur la liste des espèces interdites au commerce international par la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction, ce qui correspond au plus haut niveau de protection à l'échelle mondiale. 

Interdire le trafic de pangolins s'avère toutefois insuffisant pour éradiquer la traque de ces animaux. En 2017, l'ONG WWF estimait que les braconniers empruntent chaque année pas moins de 27 routes différentes pour chasser le pangolin, échappant ainsi plus facilement au contrôle des autorités.

Comment soutenir la cause des pangolins ?

Une pétition lancée par l'ONG allemande "Sauvons la forêt" pour mettre fin au commerce illégal de pangolins circule actuellement en ligne. Dans les pays concernés, des citoyens se réunissent pour venir en aide à ces mammifères.

C'est par exemple le cas au Zimbabwé, où le collectif "Tikki Hywood Trust" sensibilise les populations  aux menaces qui pèsent sur les pangolins et se mobilise pour sauver ces animaux des griffes des braconniers.