Le géomimétisme, qu'est-ce que c'est ?

On connaissait déjà le biomimétisme, le fait de s'inspirer de la nature dans l'innovation ou l'ingénierie. Dans le "Cahier de tendances 2021" de la Fondation Jean Jaurès (Les personnes, les objets, les lieux et les idées qui vont tout changer), Pierre Gilbert, auteur et prospectiviste en matière de risque climatique, s'intéresse au géomimétisme.

S'inspirer de la nature pour agir efficacement en faveur du climat

A la dimension d'imitation de la nature viennent se greffer "les pratiques humaines visant à modifier le climat".

Ces techniques visent à reproduire des puits naturels de carbone, "c'est-à-dire les forêts, les sols agricoles, les zones humides, le permafrost et les océans".

Cette imitation humaine de la nature veut protéger la nature et avoir un impact global sur le climat.

De nombreuses pratiques pour absorber le CO2 existent déjà, comme les "émissions négatives". Problème, ces procédés servent "généralement des entreprises qui vendent des 'solutions de compensation carbone' à d'autres entreprises qui veulent verdir leur bilan".

Une reforestation géomimétique sera plus durable

C'est le cas de la reforestation, par exemple. Dans ce type d'exploitation, les plants sont le plus souvent organisés en monoculture. Les arbres y poussent rapidement mais ils ne sont pas durables car ils peuvent assécher les sols et perturber l'équilibre d'un écosystème. Très peu d'animaux sont présents dans ces forêts artificielles, que l'on qualifie parfois de "désert biologique". 

A l'inverse, en appliquant le géomimétisme à la reforestation, on recrée "un écosystème durable dans lequel chaque élément de biodiversité peut jouer son rôle dans le cycle du carbone, mais aussi des autres cycles fondamentaux pour la bonne santé des plantes". Et donc, s'inscrire dans la durabilité.