Le déclin de la biodiversité sur Terre aurait commencé il y a environ 4.000 ans

La biodiversité de notre planète connaît un déclin sans précédent. Des chercheurs américains ont tenté de déterminer comment les écosystèmes naturels ont été affectés par les phénomènes climatiques et l'activité humaine au fil des siècles. D'après leurs résultats, la biodiversité a commencé à décliner il y a des milliers d'années et ce, principalement à cause de l'exploitation de la nature par les humains.

L'évolution des écosystèmes étudiée à partir de pollens fossiles

Les humains interagissent avec la nature depuis la nuit des temps, ou presque. La Révolution néolithique a vu naître l'agriculture tandis que leurs ancêtres avaient déjà réussi à domestiquer le feu. Pourtant, les écosystèmes n'ont jamais évolué aussi rapidement qu'au cours des 18.000 dernières années, souligne cette nouvelle étude.

Les scientifiques à l'origine de ces travaux ont passé au crible 1.181 échantillons de pollens fossiles (petits grains qui peuvent perdurer sur Terre pendant des dizaines de milliers d'années) provenant de tous les continents, excepté l'Antarctique.

Ces recherches ont été réalisées afin de se faire une idée plus précise de la mesure et de la vitesse à laquelle la biodiversité a évolué au fil du temps sur l'ensemble de notre planète. 

Un pic de végétation après l'âge glaciaire, avant un lent déclin

L'étude relève tout d'abord un changement conséquent de la végétation à la fin de la dernière période glaciaire, survenue il y a environ 18.000 ans. La fonte des glaces causée par le réchauffement de la planète aurait en effet incité les plantes à se loger dans les zones autrefois gelées.

Ces écosystèmes auraient atteint un maximum avant de se stabiliser puis de commencer à décliner il y a environ 4.000 ans... jusqu'à aujourd'hui. 

"Nous détectons une accélération mondiale des taux de changement de la composition de la végétation commençant entre 4,6 et 2,9 milliers d'années, qui est globalement sans précédent au cours des 18.000 dernières années, à la fois en termes d'ampleur et de portée", souligne dans un communiqué Sarah Ivory, chercheuse à l'université d'État de Pennsylvanie et co-autrice de l'étude. 

L'apparition de l'agriculture a constituté un tournant

Un autre signal majeur de changement de végétation apparaît avec l'exploitation des terres agricoles et la déforestation. Pourtant, Sarah Ivory note que l'activité humaine influençait déjà l'évolution de la végétation avant l'apparition de l'agriculture.

"Les écosystèmes se sont réorganisés. Une grande partie de la mégafaune a disparu. Il est difficile d'expliquer tout cela sans prendre en compte le climat. Toutefois, durant la dernière partie de cette période, il n'y a pas eu de changements climatiques majeurs, donc c'est plus probablement la technologie humaine qui en est responsable", explique la chercheuse.

C'est bien la main de l'homme qui a précipité le phénomène

En clair, l'exploitation de la nature par la main humaine (notamment l'agriculture) et les émissions de gaz à effet de serre relâchées dans l'atmosphère auraient largement contribué à accélérer le déclin de la biodiversité, bien que celui-ci ait été déclenché des milliers d'années auparavant. Soit bien avant la révolution industrielle au milieu des années 1700 et l'augmentation des combustibles fossiles au début des années 1900.

"Le risque de modification future de la végétation et des écosystèmes continuera de croître si le changement climatique n'est pas fortement ralenti", concluent les chercheurs.