"La pollution, c'est l'enfer! La propreté, c'est le paradis!": pour les Bishnoïs, l'écologie est une religion

"La pollution, c'est l'enfer! La propreté, c'est le paradis!": pour les Bishnoïs, l'écologie est une religion
"La pollution, c'est l'enfer! La propreté, c'est le paradis!": pour les Bishnoïs, l'écologie est une religion - © Tous droits réservés

Des journalistes d’Envoyé spécial ont filmé des Bishnoïs. Il s’agit d’un peuple indien qui a fait de l’écologie sa principale valeur à défendre. Explications.

 

Les Bishnoïs constituent un peuple indien, originaire du Rajasthan (nord de l'Inde), qui vit en harmonie avec la nature depuis plusieurs siècles. "À l'époque, il y a 300 ans, on ne parlait pas de pollution ou de réchauffement climatique mais Jambeshwar, notre prophète, nous avait déjà alertés sur le fait que si on ne protégeait pas la nature, on ne pourrait pas survivre dans ce monde et qu'il nous faudrait être prêt à tout, y compris donner nos vies, pour l'environnement", explique Khamu Ram, un activiste Bishnoïs. La religion des Bishnoïs est un courant de l'Hindouisme fondé autour de 29 principes écologiques.

 

La nature avant tout

Ils sont notamment végétariens, rejettent la crémation pour ne pas gaspiller de bois et refusent le système de castes, qui engendre des inégalités sociales. Pour eux, tous les hommes, tous les animaux et toutes les plantes sont égaux. Depuis toujours, ils protègent la nature, parfois même au péril de leur vie. Par exemple, une femme nommée Amrita Devi avait enlacé un arbre pour ne pas qu’il soit coupé. Cette mère de trois filles avait ainsi essayé de s’interposer face aux soldats. Amrita, son mari et ses trois filles ont finalement été décapités pour avoir voulu sauver cet arbre. Au total, 363 personnes seraient mortes assassinées pour avoir voulu conserver la nature et ce, sur une période de 10 jours.

 

Interdire le plastique

Aujourd'hui, les Bishnoïs réclament la reconnaissance officielle de leurs 363 martyrs. Ils aspirent également à plus de responsabilité et à la création de mesures concrètes pour protéger l'environnement. Par exemple, ils demandent des sanctions à l'encontre des industries polluantes ou encore l'interdiction du plastique. "Le plastique pollue la Terre et nous, on essaie d'alerter les gens, d'éveiller les consciences sur ce danger; même nos vaches sacrées se retrouvent à manger du plastique et elles en meurent."

"L'horizon est très noir, j'aimerais que les gens entendent le message des Bishnoïs", dit Khamu Ram, activiste bishnoï, à "Envoyé spécial".

9 millions de personnes meurent chaque année à cause de la pollution et un quart des victimes sont indiennes. "Aujourd'hui, partout, on continue quand même à couper des arbres, en sachant ce que cela engendre", termine Khamu.