La pandémie peut être le tournant vers une économie verte

La pandémie peut être le tournant vers une économie verte.
La pandémie peut être le tournant vers une économie verte. - © sdecoret/Shutterstock

La pandémie de Covid-19 a plongé l'économie mondiale dans une profonde récession mais elle représente une opportunité unique pour les gouvernements de prendre le chemin d'une croissance verte et durable, souligne le FMI dans un rapport.

La période de transition nécessaire à la transformation de l'économie ralentira à moyen terme la croissance, en particulier dans les pays fortement tributaires des exportations de combustibles fossiles et dans ceux dont la croissance économique et démographique est rapide, notent les auteurs du rapport.

Mais une politique volontaire pour limiter le réchauffement climatique augmentera à long terme les revenus des pays "en limitant les dommages et les risques physiques graves" du changement climatique, qui se caractérisent notamment par des phénomènes climatiques extrêmement ravageurs.

L'aide à la reprise comme tremplin vers la transition énergétique

"La crise a conduit à une réduction importante des investissements", constatent les économistes du Fonds monétaire international.

A présent, les dirigeants peuvent orienter leurs dépenses publiques de façon à ce qu'elles soient "compatibles avec la décarbonisation", commentent-ils, recommandant aussi une taxe carbone élevée ou des subventions des énergies vertes pour impulser le mouvement.

"En outre, les mesures de relance budgétaire, qui seront probablement nécessaires au lendemain de la pandémie, peuvent être l'occasion de renforcer les infrastructures publiques vertes et résilientes", estiment-ils.


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Selon leurs calculs, une stratégie politique coordonnée sur le plan international pour atténuer le changement climatique pourrait stimuler le PIB mondial au cours des 15 premières années de la reprise d'environ 0,7% du PIB mondial en moyenne.

Des efforts payants sur le long terme

Sur la première moitié de cette période, 12 millions de personnes supplémentaires pourraient être employées dans le monde. Ils suggèrent une augmentation progressive de la taxe carbone comme "outil puissant" pour parvenir à la réduction nécessaire des émissions de carbone.

Ils reconnaissent que malgré les avantages à long terme et "un premier coup de pouce à l'activité économique", ces politiques engendreront des coûts tout au long de la période de transition énergétique.

"Ces coûts semblent toutefois gérables, sachant que le PIB mondial devrait augmenter de 120% d'ici 2050", écrivent-ils.

En outre, le frein au PIB pourrait être encore réduit si les politiques climatiques encouragent le développement dans les technologies propres par le biais par exemple de subventions à la Recherche et le développement.

Enfin, la politique pourrait s'avérer financièrement neutre pendant la période de transition puisque s'attaquer aux énergies polluantes, c'est réduire la pollution et donc améliorer la santé des populations, ce qui conduira à réduire les coûts médicaux.