La méthode Miyawaki pour végétaliser et rafraîchir les villes

Adoptée par de nombreuses villes dans le monde, la méthode Miyawaki consiste à planter de jeunes arbres afin de recréer rapidement, en milieu urbain, l'écosystème d'une forêt. Ces forêts dites "natives" permettent d'influer sur les températures des zones urbaines et de gagner jusqu'à 7 degrés.

La forêt urbaine capable d'abaisser la température de 7 degrés

Dans la lutte acharnée contre les fortes chaleurs estivales en ville, les forêts urbaines sont une solution parmi d'autres initiatives. Les villes végétalisent et plantent de nombreux arbres pour créer des zones d'ombres et de fraîcheur.

Aux Etats-Unis, Los Angeles gère environ 700.000 arbres. En France, Paris recense près 500.000 arbres tandis qu'à Mumbai, en Inde, le nombre d'arbres a aussi fortement augmenté ces dernières années, sans que les chiffres soient dévoilés. Et toutes ces forêts urbaines naissantes s'inspirent de la méthode Miyawaki, capable de faire baisser de 5 à 7 degrés les températures.

La méthode promet une croissance végétale accélérée

Akira Miyawaki, botaniste japonais, a élaboré cette technique dans les années 1970.

Après avoir sélectionné des arbres dont l'origine est indigène, les graines sont plantées dans des pépinières durant deux ans, puis à nouveau plantées dans les zones de reforestation, dont les sols ont été préparés au préalable. Une trentaine d'espèces fleurissent côte à côte pour recréer un écosystème et une biodiversité en un rien de temps.

"Cette méthode garantit une croissance des plantes 10 fois plus rapide et une forêt jusqu'à 30 fois plus dense", écrit l'Indian Times.

A Los Angeles, la méthode sera bientôt à l'essai dans le Hancock Park grâce aux membres de l'association éponyme. Paris se vante de mettre à profit cette technique pour atteindre les 170.000 nouveaux arbres d'ici 2026. 

Mumbai a déjà succombé

Mais les grandes expériences se sont déroulées en Inde, à Mumbai, où la ville a vu les choses en grand : 1.100 plants plantés dans une zone de 230 m² du parc Bahkti.

"Une nouvelle augmentation de la couverture arborée proviendra des plantations dans les espaces ouverts/jardins et dans les aménagements privés des promoteurs dans les terrains de loisirs", indique la société municipale du Grand Mumbai dans la présentation du budget 2020-2021. 

L'objectif : "Planter 4.000.000 arbres dans 65 parcelles à travers Mumbai", note The Indian Express, ajoutant qu'"à l'heure actuelle, la ville a planté 54.760 arbres sur 14.258 m² d'espace urbain".

Les chercheurs dénoncent un concept marketing bien ficelé

En février 2021, les chercheurs à l'Inrae Bastien Castagneyrol, Annabel Porté et Christophe Plomion, dénoncent "un concept plus marketing que scientifique".

Les forêts urbaines de la méthode Miyawaki seraient plutôt à considérer comme des "microforêts", moins fournies en biodiversité qu'une grande forêt.

"On comprend aisément que les bénéfices vantés des microforêts soient séduisants pour les citadins. Mais en tant qu'écologues, nous nous inquiétons de la manière dont sont 'vendues' ces microforêts aux contribuables et à leurs représentants. 'Vendues' parce qu'il ne s'agit pas de science, malgré un discours qui pourrait le laisser penser", écrivent les chercheurs.