La crise du tote bag : une solution pour sauver la planète du plastique est en fait polluante

Le tote bag pollue. Outre le problème de sa matière, le coton, il peine à être recyclé, et ses imprimés ne sont pas forcément durables. Attention à ce faux ami.

Combien en avez-vous chez vous ? Un, cinq, dix, quinze ? Alors que le sac en plastique tend à disparaître (et c’est tant mieux), on a vu le tote bag, ce sac de coton, envahir d’abord les boutiques de luxe, puis vintage, puis toutes. Il est devenu le symbole, pour les marques, d’un engagement pour la planète… et ce même si sa fabrication coûte cher à l’environnement. Il s’avère donc que l’adoption sans réserve des sacs en coton a en fait créé un nouveau problème.


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Le problème ne date pas d’hier. Déjà en 2018, une étude réalisée par le ministère danois de l’environnement et de l’alimentation, avait conclu que le sac devait être utilisé 20.000 fois pour compenser l’impact global de sa production. Autrement dit, si vous voulez vraiment être cohérent, il faudrait utiliser votre tote bag préféré tous les jours pendant 54 ans. D’autant que le coton est associé au travail forcé des Ouïghours dans le Xinjiang, en Chine, qui produit 20% du coton mondial.

Les problèmes : recyclage et colorants

Le New York Times remet le sujet sur le tapis en publiant le 24 août dernier un article intitulé "La crise du tote bag". Le journal soulève, en plus du problème de production, le problème de la collecte et de son recyclage. Interrogée par le quotidien, Maxine Bédat, directrice du New Standard Institute, un organisme à but non lucratif spécialisé dans la mode et le développement durable, a déclaré qu’elle n’avait "pas encore trouvé de compost municipal acceptant les textiles". Et seuls 15% des 30 millions de tonnes de coton produites chaque année sont effectivement acheminés vers des dépôts de textiles…

Et même lorsqu’ils arrivent à un organisme de compostage, il est difficile d’éliminer les logos à base de PVC ou les colorants utilisés pour les imprimer. Selon Christopher Stanev, cofondateur d’Evrnu, une entreprise de recyclage textile basée à Seattle, les motifs imprimés doivent être découpés dans le tissu. Sans compter qu’il faut ensuite transformer le vieux tissu en tissu neuf ce qui consomme presque autant d’énergie que sa fabrication initiale. Le serpent qui se mord la queue !

Quelle alternative écologique ?

Faut-il pour autant repasser au sac plastique ? Non. Car le coton n’est pas pire que le plastique. Ils sont en fait difficilement comparables.

Alors que le coton peut utiliser des pesticides (s’il n’est pas cultivé biologiquement) et assécher les rivières en raison de sa consommation d’eau, les sacs en plastique utilisent des combustibles fossiles émetteurs de gaz à effet de serre, ne sont jamais biodégradables et obstruent les océans.

Chacun à des défauts, alors que peut-on faire pour faire ses courses de manière écologique ?

Face à ce constat, certaines marques se tournent vers d’autres solutions textiles. La créatrice britannique Ally Capellino a récemment troqué le coton contre le chanvre, tandis que Anya Hindmarch a présenté une nouvelle version de son fourre-tout original, cette fois fabriqué à partir de bouteilles d’eau recyclées.

La vraie solution qui vous permettra de ne plus polluer tout en croyant faire des efforts est encore en pleine réflexion chez les acteurs du changement mais vous pouvez refuser les nouveaux tote bag et utiliser ceux que vous avez déjà.