L'agroécologie, qu'est-ce que c'est ?

Dans un climat bouleversé par le réchauffement de la planète et face aux nombreux défis que connaît l'humanité sur le plan environnemental, elle représente aujourd'hui pour l'agriculture une solution plus respectueuse et durable dans le temps.

Une approche globale et écologique de l'agriculture

Dans l'histoire, c'est à l'aube des années 1930 que le terme est employé pour la première fois par l'agronome américain Basil Bensin. Il définit des méthodes écologiques appliquées à la recherche en agronomie (sciences appliquées à l'agriculture).

Dans les années 1995, le professeur Miguel Altieri définit l'agroécologie comme "la science de la gestion des ressources naturelles au bénéfice des plus démunis confrontés à un environnement défavorable."

Pour la première fois, cette science prend en compte les défis environnementaux que l'agriculture connaît aujourd'hui avec l'utilisation des pesticides et néonicotinoïdes.

En France, les têtes de proues de cette agroécologie s'appellent René Dumont, Pierre Rabhi, Georges Toutain ou encore Marc Dufumier et Dominique Soltner. Ils visent à rapprocher les systèmes de l'agronomie et de l'écologie dans leur ensemble.

Donc définir l'agroécologie seulement par les aspects purement agricole et écologique serait réducteur. Cette science englobe plus largement "les rôles social, économique, écologique et politique de l'agriculture" comme l'énumère l'association SOL, une organisation de solidarité internationale qui "agit et participe à l'émergence d'une société respectueuse des générations futures."

Selon cette même association, les principes de l'agroécologie passent d'abord par un objectif commun à tous : la nature est bien faite, l'écosystème et la proximité peuvent apporter beaucoup de solutions.

Quels sont les principes de l'agroécologie ?

Les principes se déclinent ainsi :

  • la mutualisation des cultures et des activités doit être cohérente. L'utilisation du fumier produit par un élevage peut servir l'agriculteur dans sa production végétale, par exemple;
  • la gestion des ressources doit être faite de manière raisonnée. "Ne pas dénuder les sols pour favoriser l'humus permet de contenir l'humidité de la terre," illustre l'association SOL;
  • recréer le lien social par la vente directe et les circuits courts, comme les marchés ou la vente au restaurant;
  • favoriser l'autonomie et l'indépendance des petits producteurs, notamment en réduisant les intermédiaires dans la vente des produits et dans les traitements des cultures et mettant en avant la polyculture chez les agriculteurs (culture de plusieurs produits).

 

"Ceux qui se tournent vers l'agroécologie sont [les agriculteurs] qui résistent à la crise agricole", expliquait Laurence Tubiana, directrice de la Fondation Européenne pour le Climat (ECF) et "architecte de l'accord de Paris".