Jardins flottants : un mode d'agriculture efficace au Bangladesh

Jardins flottants : un mode d'agriculture efficace au Bangladesh.
Jardins flottants : un mode d'agriculture efficace au Bangladesh. - © tarek suman on Unsplash

Les jardins flottants du Bangladesh sont précieux pour éviter l'insécurité alimentaire liée aux fréquentes inondations. D'après une récente étude, cette forme d'agriculture permettrait aussi de fournir des revenus aux ménages ruraux dans les régions les plus exposées aux inondations.

Loin d'être un concept nouveau au Bangladesh, les jardins flottants existent depuis une centaine d'années dans ce pays d'Asie du Sud-est et sont même reconnus comme un "système de patrimoine agricole d'importance mondiale" par l'Organisation des Nations Unies.

Des récoltes même en cas de sécheresses ou d'inondations

Les jardins flottants sont constitués de plantes indigènes qui flottent dans les rivières (le plus souvent des jacinthes d'eau) et évoluent au gré des eaux.

Ils permettent de poursuivre la culture des aliments pendant la mousson (saison des pluies qui s'étend de juillet à septembre), lorsque les inondations sont fréquentes.

Cette étude parue dans le Journal of Agriculture, Food and Environment et réalisée par des équipes internationales de chercheurs vise à déterminer dans quelle mesure les jardins flottants du Bangladesh peuvent représenter une pratique agricole durable alors que le changement climatique continue de provoquer inondations et sécheresses.

Les chercheurs ont également analysé de quelles manières ces jardins peuvent garantir une meilleure sécurité alimentaire aux ménages individuels.

La sécurité alimentaire au "pays de l'eau"

Le Bangladesh est un pays fortement soumis aux inondations, à tel point qu'on le surnomme "pays de l'eau". Ces catastrophes naturelles ne font que s'amplifier sous l'effet du changement climatique, comme on a pu le constater au cours de l'été 2020, quand un tiers du pays s'est retrouvé sous les eaux. 

"Comme le changement climatique a affecté le volume d'eau de ces rivières, créant des crues extrêmes et des inondations ainsi que des dépressions extrêmes et des sécheresses, les jardins flottants sont devenus un moyen pour les agriculteurs ruraux de continuer à produire de la nourriture dans des conditions météorologiques imprévisibles", observent les auteurs de la publication.

Des revenus multipliés par quatre !

Pour parvenir à ces conclusions, les chercheurs ont interrogé des familles d'agriculteurs au Bangladesh (neuf au total) qui pratiquent la méthode des jardins flottants.

En réalisant leurs investigations, les auteurs des travaux ont constaté que les bénéfices associés à la culture potagère des jardins flottants s'avéraient supérieurs aux coûts alloués à ce mode d'agriculture (semences hybrides rachetées chaque année, achats éventuels de pesticides et d'engrais...). 

"Un agriculteur nous a assuré qu'il gagnait jusqu'à quatre fois plus d'argent avec les jardins flottants qu'avec les rizières traditionnelles", indique l'équipe de recherche.

Les auteurs de l'étude notent toutefois des pistes d'amélioration concernant les revenus des agriculteurs, ces derniers contractant souvent des prêts à fort taux d'intérêt pour couvrir les coûts d'investissement liés à la construction des jardins flottants. "Des prêts à faible taux d'intérêt accordés par des organisations gouvernementales ou non gouvernementales responsables pourraient alléger ce fardeau", soulignent les chercheurs.