Il y a 23 millions d'années, la Terre était plus chaude et les plantes absorbaient beaucoup plus de CO2

Il y a 23 millions d'années, la Terre était plus chaude et les plantes absorbaient beaucoup plus de CO2
Il y a 23 millions d'années, la Terre était plus chaude et les plantes absorbaient beaucoup plus de CO2 - © IronHeart - Getty Images

Une forêt vieille de 23 millions d’années et les feuilles qu’on n’y a trouvées suggèrent que certaines plantes pourraient s’adapter aux niveaux de CO2 qui augmentent.

Des feuilles très bien conservées d’un ancien lac de Nouvelle-Zélande prouvent que certaines plantes récoltent plus efficacement le dioxyde de carbone que d’autres. 

Les résultats, publiés dans la revue Climate of the Past et relayés par la BBC, expliquent la façon dont la vie végétale pourrait changer à mesure que les niveaux actuels de CO2 augmentent.

Une période où les températures étaient jusqu’à 7°C supérieures aux nôtres

L’équipe a prélevé du matériel biologique fossilisé au fond d'un ancien lac maintenant sec. On y retrouve des restes de plantes, d’algues, d’araignées, de coléoptères, de mouches, de champignons et d’autres êtres vivants d’une période chaude du début du Miocène.

Les températures mondiales moyennes à cette époque auraient été entre 3°C et 7°C plus élevées qu’aujourd’hui et la glace avait en grande partie disparu des pôles. Un scénario qui ressemble fort à ce qui devrait arriver à la planète d’ici quelques dizaines ou centaines d’années.

Les scientifiques débattent encore sur les niveaux de CO2 que l’on retrouvait à cette période mais ces feuilles pourraient apporter une réponse.

Les feuilles prouvent qu'il y avait énormément de CO2

"Ce qui est étonnant, c’est que ces feuilles sont fondamentalement momifiées, donc nous avons leurs compositions chimiques originales et pouvons voir toutes leurs caractéristiques au microscope", a déclaré l’auteur principal Tammo Reichgelt, de l’Université du Connecticut à Storrs, aux États-Unis.

Pour leur permettre d’estimer la teneur en carbone de l’atmosphère à l’époque, les scientifiques ont analysé les différentes formes chimiques du carbone dans les feuilles d’une demi-douzaine d’espèces d’arbres trouvées à différents niveaux dans le gisement. Ils ont conclu que la teneur en carbone était d’environ 450 parties par million (ppm). Une surprise puisque des études antérieures l'avait estimée à environ 300 ppm.

Une nouvelle qui fait écho à notre situation actuelle puisque les émissions humaines d’aujourd’hui ont atteint un niveau de CO2 d’environ 415 ppm. On s’attend même à ce qu’ils atteignent 450 ppm au cours des prochaines décennies, donc le même niveau que ces forêts en Nouvelle-Zélande il y a 23 millions d’années.

Les plantes aspiraient le CO2 plus efficacement qu’aujourd’hui

Les chercheurs ont également découvert que les arbres et leurs feuilles s'étaient adaptés à différents niveaux pour aspirer le carbone le plus efficacement possible. Les tomates (petites rainures des feuilles) avaient une forme qui permettait d'aspirer le carbone sans laisser s’échapper trop d’eau. Ce qui permettait aux arbres de pousser dans des zones qui auraient été trop sèches pour les forêts en temps normal.

Les données des satellites de la Nasa montrent un effet de "verdissement global" de la planète depuis 1980. Loin d'être une bonne nouvelle ou la preuve d'une augmentation de la présence d'arbres, c'est en fait parce que les plantes augmentent leur taux de photosynthèse pour éliminer plus efficacement le carbone de l’air et conserver l’eau.

L’effet devrait se poursuivre avec l’augmentation des niveaux de CO2.

La disparition de nombreuses espèces est très probable

Si cela peut ravir certains de savoir que la nature s'adapte, cette découverte n’est pas forcément une bonne nouvelle. En effet, l’augmentation de l’absorption de CO2 ne pourra pas compenser ce que les humains déversent dans l'atmosphère.

De plus, une grande partie de la vie végétale d’aujourd’hui a évolué dans un monde tempéré et à faible émission de CO2. Ce qui veut dire qu'ils risquent d'être sérieusement perturbés par des niveaux de CO2 plus élevés, ainsi que par la hausse des températures et les changements de précipitations. Ils n'auront pas le temps de s'adapter ou simplement pas la possibilité.

Le Dr Reichgelt affirme : "C’est une autre couche de stress pour les plantes. Cela pourrait être formidable pour certains et horrible pour d’autres."