Forest schools : et si demain, on installait les classes dans la nature ?

En Europe, les "forest schools" sont très présentes dans les systèmes éducatifs allemands et danois.
En Europe, les "forest schools" sont très présentes dans les systèmes éducatifs allemands et danois. - © Image Source / Getty Images

D'ici 2030, l'école dans les buissons ou les nouvelles classes vertes devraient se démocratiser de plus en plus. Considérés comme une solution face aux contraintes sanitaires, ils seraient excellents pour développer les compétences sociales et cognitives chez les enfants.

L'apprentissage en plein air devrait devenir plus populaire dans la prochaine décennie. De la maternelle à l'université, les cours dans la nature sont apparus comme une des solutions aux restrictions sanitaires causées par le Covid-19. Mais avec le temps, ils pourraient devenir une habitude et un besoin essentiel.

En plein air pour éviter la propagation des virus

Elizabeth Tunstall, doyenne du design à l'Université d'Art et de Design de l'Ontario (OCAD), voit ce retour de l'école de la brousse d'ici 2030. "Sur la base des pratiques éclairées de la grippe espagnole de 1918 et de la pandémie de Covid-19 de 2020, les écoles de brousse qui offrent un apprentissage dans la nature deviendront plus populaires", explique-t-elle au média Fast Company. 

Plus populaire parce que la transmission du virus est plus faible à l'air libre et qu'avec un espace assez grand, retirer son masque pourrait même devenir possible.

Plus populaire aussi parce que la nature est au centre des enjeux environnementaux des prochaines années et que c'est en fréquentant ce lieu que l'on prendra vraiment conscience de sa grandeur. 

La nature stimulerait les capacités intellectuelles des enfants

De nombreuses études révèlent les bienfaits de la nature pour l'humain depuis de nombreuses années. Mathew White, maître de conférences en psychologie de l'environnement, publiait une étude en 2019 sur le bien-être que procurait le fait de rester à l'extérieur au moins deux heures par semaine.

Et si l'air libre renforce la santé de l'être humain, il peut permettre à l'enfant de développer ses capacités motrices et intellectuelles. 

Dans le livre "L'enfant de la nature" de Mathieu Chéreau et Moïna Fauchier-Delavigne aux éditions Fayard, les auteurs mettent l'accent sur l'importance des cours de récréation vertes pour subvenir aux besoins physiques, relationnels et cognitifs des enfants. Ils décrivent aussi "une appétence indéniable à la joie". Sauter, monter, courir, se cacher derrière des arbres, toutes ces activités en apparence divertissantes, sont essentielles à l'enfant pour limiter les risques d'obésité, d'hypertension ou de troubles du comportement.

Un succès aux Etats-Unis et dans le nord de l'Europe

L'école de la brousse est très répandue aux Etats-Unis depuis les années 1920. Appelées les "forest schools", celles-ci remettent la nature au centre de l'objet d'étude. 

En Europe, les "forest schools" se développent principalement dans les pays nordiques, notamment en Allemagne ou au Danemark par exemple, où elles font partie intégrante du programme pour les enfants de moins de sept ans. 

D'après le site Les Décliques, il existerait en France une trentaine de "forest schools" se basant sur le modèle de pédagogie Montessori.