Et si le plastique du futur provenait des boues d'épuration et des eaux usées ?

Le sujet de cette étude est parti d'un constat simple : les Etats-Unis produisent sept millions de tonnes de boues d'épuration par an, soit l'équivalent de 2.500 piscines olympiques.

Si une partie de ces déchets est réutilisée pour le fumier, voire d'autres types d'épandages, une importante quantité est envoyée en décharge. Après moult essais, une équipe de chercheurs de l'Université A&M du Texas a découvert une méthode efficace et peu coûteuse pour se servir de ces restes de boues d'épuration afin de fabriquer des plastiques biodégradables.

Un plastique dégradable bon marché et moins de déchets

Leurs travaux se basent sur une souche bactérienne trouvée dans les mangroves, la Zobellella denitrificans ZD1. Ils se sont aperçus que cette dernière était capable de consommer des boues et des eaux usées pour produire du polyhydroxybutyrate, un polymère biodégradable qui peut servir de substitut au pétrole.

"Le prix des matières premières pour cultiver des bactéries productrices de biopolymères représente 25 à 45% du coût de production total de la fabrication de bioplastique. Ce coût peut assurément être considérablement réduit si nous pouvons exploiter une ressource alternative moins chère et facilement accessible. Nous venons de démontrer qu'il existait un moyen potentiel d'utiliser les boues activées (…) pour fabriquer des plastiques biodégradables", explique le Dr Kung-Hui (Bella) Chu, l'une des principales auteures de l'étude.

Cela permettrait de réduire l'impact des déchets sur l'environnement et de rendre les coûts du bioplastique plus compétitif que le plastique ordinaire.

Avec cette découverte, les scientifiques "propos[ent] désormais une méthode peu coûteuse et durable pour fabriquer des bioplastiques et une autre façon de réutiliser les biodéchets, dont l'élimination est coûteuse".