Des scientifiques récupèrent le CO2 des plantes pour le mettre dans nos appareils électroniques

Publiée dans la revue RSC Advances, l'étude a été réalisée par des scientifiques du Salk Institute (États-Unis). Ces derniers ont transformé des cosses de tabac et de maïs en carbure de silicium (SiC), un composé chimique ultra-dur et présent dans de nombreux matériaux comme la céramique ou le papier de verre. Il est également utilisé comme semi-conducteurs dans les voitures électriques et les ampoules LED.

Le carbone stocké dans les végétaux est converti en silicium

Pour convertir le CO2 en SiC, trois étapes sont nécessaires : les graines de tabac et de maïs sont d'abord congelées, avant d'être broyées en poudre puis mélangées à un composé contenant du silicium, un oligoélément naturel que l'on trouve dans plusieurs végétaux, céréales ou légumineuses.

Enfin, les plantes réduites en poudre et le silicium sont chauffés jusqu'à 1.600 °C, ce qui permet de transformer le mélange en une substance pierreuse. 

Lorsqu'il est chauffé pour être solidifié et transformé en pierre, le matériel végétal perd un peu de carbone mais conserve environ 14% du carbone capturé par la plante.

"La quantité de carbone peut être séquestrée à partir de déchets agricoles tels que les enveloppes de maïs tout en produisant un matériau écologique de grande valeur, généralement produit à partir de combustibles fossiles", explique la chercheuse principale de l'étude,Suzanne Thomas.

Le process reste gourmand en énergie

Sa fabrication a toutefois un coût énergétique : selon les chercheurs, 1,8 g de ce composé nécessiterait environ 177 kW/h d'énergie (dont 70% pour chauffer le matériau lors de l'étape de solidification), soit des dépenses similaires à celles des procédés actuellement utilisés pour la fabrication du SiC.

Avec toutefois l'avantage de réutiliser une partie du CO2 contenu dans les plantes, arguent les chercheurs, qui espèrent pouvoir prochainement exploiter leur méthode par des procédés moins polluants, notamment grâce aux technologies des énergies renouvelables.

En attendant, l'équipe de scientifiques compte perfectionner sa technique en explorant une plus grande variété de plantes telles que la prêle et le bambou, toutes deux riches en silicium.