Des scientifiques ont recréé la fusion nucléaire du Big Bang sous une montagne en Italie

Des scientifiques ont recréé la fusion nucléaire du Big Bang sous une montagne en Italie
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Des scientifiques ont recréé la fusion nucléaire du Big Bang sous une montagne en Italie - © pixelparticle - Getty Images/iStockphoto

Des scientifiques ont envoyé des protons sur un noyau de deutérium pour comprendre à quoi ressemblait l’univers quelques minutes seulement après sa naissance.

L’expression connue de "poussières d’étoiles" qui composeraient nos corps humains fait référence aux premiers instants de l’univers qui a vu créer tous les éléments qui composent aujourd’hui notre corps, notre planète, notre système solaire et tout l’univers.

Comprendre les débuts de l’univers

Les scientifiques se sont penchés sur les premiers instants de l’univers dans un laboratoire sous-terrain dans une montagne italienne du Gran Sasso. L’étude, publiée dans Nature et relayé par Vice, tentait de mesurer la vitesse à laquelle le deutérium "brûle" en recréant expérimentalement une réaction de fusion nucléaire qui s’est produite au début des temps (ou du temps). Le but étant de vérifier si les calculs et les prédictions scientifiques en accord avec la théorie du Big Bang étaient plausibles ou si la thèse d’une grande explosion originelle devait être revue.

"Nous sommes vraiment enthousiasmés par nos résultats, qui intéresseront certainement la communauté des physiciens des particules et du nucléaire" ont déclaré Carlo Gustavino et Sandra Zavatarelli, physiciens nucléaires à l’Institut national italien de physique nucléaire qui ont co-écrit l’étude.


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La quantité de deutérium qui a été formée par la nucléosynthèse du Big Bang et la vitesse à laquelle elle a dû se transformer en d’autres formes atomiques sont des pièces importantes dans le puzzle de nos origines cosmiques. Les scientifiques ont désespérément besoin de ces types d’indicateurs car ils ne peuvent pas observer directement les moments de formation de l’univers.

Les interférences des rayons cosmiques

Les mesures sont difficiles à prendre en raison des interférences des rayons cosmiques. La solution est de s’enterrer sous terre mais pas seulement à quelques mètres. Le Laboratoire d’Astrophysique Nucléaire Souterraine (LUNA) est situé à plus d’un kilomètre sous le massif rocheux du Gran Sasso, en Italie, permettant une "réduction d’un million de fois des muons cosmiques", selon l’étude.


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Les chercheurs de LUNA ont envoyé des milliards de protons par seconde sur un noyau de deutérium à l’aide d’un accélérateur de particules. Après des années de tests et de prise de données, la nouvelle est tombée : "le taux de cette réaction se situe dans la même fourchette que d’autres estimations expérimentales de la combustion du deutérium après le Big Bang."

Une toute petite étape vers la compréhension des débuts de notre univers remplis de mystères et de réalités qui ne collent pas toujours aux calculs et prévisions scientifiques. "Peut-être que la réponse se trouve dans une nouvelle physique ou plus probablement dans une meilleure compréhension des processus astrophysiques."