Des scientifiques décodent le chant complexe de l’oiseau moqueur polyglotte

L’oiseau moqueur nous étonne toujours de sa capacité à pouvoir reproduire des sons qui paraissent peu naturels comme une sirène d’ambulance ou encore une alarme de voiture.

Dans une nouvelle étude publiée en mai 2021 dans la revue Frontiers in Psychology, des chercheurs ont tenté de décrire les règles de composition du chant du moqueur polyglotte (Mimus polyglottos), qui appartient à une famille de passereaux, les Mimidae, qui comprend 34 espèces d’oiseaux dits "moqueurs", comme le rappelle futura-sciences.

La complexité incroyable du chant de l’oiseau moqueur

Les oiseaux chantent, piaillent, communiquent entre eux via des sons mélodieux (ou pas) mais l’oiseau moqueur a un répertoire bien plus développé que ses congénères et son chant complexe intrigue depuis longtemps les ornithologues et autres scientifiques.

Il peut former des syllabes individuelles, qui s’assemblent pour créer un petit groupe de sons, qui sont répétées pour former de courtes phrases, qui, à leur tour, s’enchaînent et s’assemblent en de longs chants qui peuvent durer des minutes. Un vrai discours !


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De plus, il est connu pour sa capacité à imiter des sons. Sons qu’il sélectionne précautionneusement pour une raison inconnue afin de composer de nouvelles 'musiques'. Comme l’explique Phys-Org, il choisit d’imiter : les cris du geai bleu mais pas les cris du corbeau, les cris du merle d’Amérique mais pas les chants du merle d’Amérique, les bruits des rainettes mais pas des crapauds.

Comment établit-il les choix de son chant ?

Le Dr Tina Roeske, neuroscientifique à l’Institut Max Planck d’esthétique empirique soutient d’ailleurs que les choix des oiseaux moqueurs sont conscients :

"Il semble séquencer des extraits de mélodie similaires selon des règles cohérentes."

C’est avec cette idée en tête que des scientifiques se sont rassemblés pour tenter de comprendre cette cohérence du chant de cet oiseau remarquable. L’équipe est d’ailleurs composée de différentes disciplines : un neuroscientifique, un ornithologue et un musicologue. Le but étant d’avoir des vues différentes sur ce qu’il se passe quand l’oiseau chante et d’alimenter le débat et la discussion.


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Après de nombreuses analyses sur 5 oiseaux moqueurs polyglottes, les scientifiques ont pu identifier quatre stratégies de composition que les oiseaux utilisent pour passer d’un son à l’autre : "changer de timbre, changer de hauteur, étirer la transition (l’allonger dans le temps) et la comprimer (la raccourcir dans le temps)."

Donc ces oiseaux suivent des règles musicales similaires à celles trouvées dans la musique humaine ! Qui a dit que l’art était purement humain ?