Des cigales américaines vont sortir cet été après 17 ans passé sous terre

Des cigales américaines vont sortir cet été après 17 ans passé sous terre
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Des cigales américaines vont sortir cet été après 17 ans passé sous terre - © Caroline Gauvin - Getty Images

En Virginie du Sud, aux Etats-Unis, les habitants vont bientôt se retrouver envahis par des cigales peu communes.

Contrairement aux cigales de nos régions européennes qui ne passent que 2 à 5 ans sous terre, cette espèce de cigale américaine (Magicicada septendecim de son petit nom) vit 17 ans à l’abri des regards comme l’explique l’université de Virginia Tech. Cette année, ce sont pas moins de 1,5 million de cigales qui sont attendues dans le sud-ouest de la Virginie, certaines parties de la Caroline du Nord et de la Virginie-Occidentale. Un évènement pareil n’arrivant que tous les 17 ans, de nombreux habitants pourront y assister pour la première fois de leur vie.

Des insectes qui vivent 17 ans sous terre

Les cigales, ces gros insectes aux ailes claires aux yeux bulbeux, se reproduisent soit annuellement, soit périodiquement selon les espèces. Les cigales "périodiques" passent la majeure partie de leur vie en "nymphes" (avant d'être adulte) et vivent dans le sol en se nourrissant des racines des arbres.

La transition des nymphes vivant dans le sol aux adultes matures est synchronisée en fonction de l’année et de la température du sol, permettant à toute une couvée d’émerger en même temps pour se reproduire et pondre.

Mais la raison de l’existence d’un cycle de 17 ans reste l’un des grands mystères du monde des insectes. La recherche et la modélisation suggèrent que cette durée si longue pourrait avoir un rapport avec l’évitement des prédateurs et que ces cigales auraient évolué pour éviter la synchronisation avec les cycles de naissance desdits prédateurs.

"Cet insecte est vraiment fascinant, et si vous n’avez pas d’arbres fruitiers ou de vignes à protéger, vous pouvez profiter de ce phénomène tant qu’il dure", suggère Doug Pfeiffer, professeur et spécialiste au Département d’entomologie.

Un évènement qui ne réjouit pas toutes les communautés locales

Si pour la plupart des gens, le chant des cigales est synonyme de temps doux et d’été agréable, pour d’autres c’est le signal d’un danger qui approche. Les planteurs d’arbres d’ornement et les gestionnaires de vergers ou de vignobles n’apprécient pas particulièrement la venue de ces insectes.

"Les cigales peuvent se reproduire en nombre écrasant et les producteurs dans certains domaines devraient être vigilants", explique Pfeiffer.

Le problème n’est pas le même que celui des criquets qui ravagent les champs et les cultures en se nourrissant de tout ce qui est comestible. Le danger des cigales est ailleurs : dans la ponte des œufs et la naissance des nymphes. Les femelles cigales sélectionnent des branches ou des vignes de la taille d’un crayon, puis y implantent leurs œufs à l’aide d’un tube de ponte pointu.

Les nymphes éclosent ensuite des œufs et tombent pour s’enfouir dans le sol où elles commencent à se nourrir des racines des plantes. L’implantation d’œufs provoque un flétrissement de la branche et un groupe de feuilles, sur une partie saine de la plante, brunit et meurt. Pour un petit arbre ou une jeune vigne, trop de dégâts peut ralentir la croissance ou tuer la plante.

Mais, connaissant leur cycle de vie et leur apparition tous les 17 ans, les agriculteurs sont habituellement prévenus et peuvent anticiper les risques potentiels en ne plantant plus aucun jeune arbre un ou deux ans (en fonction des espèces) avant l’éclosion. Ainsi, les arbres sur lesquels les femelles iront pondre seront suffisamment forts pour résister aux dégâts causés par la ponte.