Comment l'évolution de la banquise peut nous aider à comprendre le changement climatique actuel

Comment l'évolution de la banquise peut nous aider à comprendre le changement climatique actuel.
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Comment l'évolution de la banquise peut nous aider à comprendre le changement climatique actuel. - © Johner Images - Getty Images/Johner RF

La glace des mers est un indicateur essentiel pour évaluer l'impact du réchauffement climatique sur la planète. Une équipe de chercheurs de l'université de Brown (États-Unis) ont identifié une nouvelle molécule permettant de reconstituer les informations sur l'abondance de la glace de mer au cours de ces derniers siècles.

Selon les scientifiques, cette découverte pourrait s'avérer précieuse dans l'évaluation actuelle du changement climatique. Cette nouvelle étude a été publiée dans Nature Communications.

La glace de mer, fidèle baromètre du climat de la planète

Principalement formée à partir de l'automne dans l'océan Arctique, la banquise joue un rôle clé dans la régulation du système climatique. Elle permet notamment d'isoler les eaux froides des océans en hiver.

Etudier l'évolution de la glace de mer en remontant des siècles auparavant pourrait aider à comprendre le changement climatique provoqué par l'activité humaine.

Les scientifiques se sont concentrés sur une molécule organique souvent présente dans les sédiments océaniques des hautes latitudes, connue sous le nom d'alcénone tétra-insaturé (C37:4). 

"L'étude de la concentration de cette molécule dans des sédiments d'âges différents pourrait nous permettre de reconstituer la concentration de la glace de mer à travers le temps", explique dans un communiqué Karen Wang, doctorante à l'université de Brown et autrice principale de la recherche.

Des algues glaciaires plus nombreuses lors des refroidissements

"L'alcénone C37:4 était surtout connu pour faire baisser les ratios de température", précise pour sa part Yongsong Huang, co-auteur de la recherche. "Personne ne savait d'où il venait ni s'il était utile pour quoi que ce soit. Il y a bien quelques théories à ce sujet mais personne ne peut les confirmer", ajoute le scientifique. 

Pour percer ce mystère, les chercheurs ont étudié des échantillons de sédiments d'eau de mer contenant du C37:4 prélevés dans des zones glacées situées autour de l'Arctique. Ces derniers ont procédé à un séquençage d'ADN afin d'identifier les organismes présents dans les échantillons.

Au terme de l'expérience, les scientifiques ont identifié plusieurs espèces d'algues glaciaires jusqu'alors inconnues. Ils ont ensuite cultivé ces algues en laboratoire et ont constaté qu'elles produisaient une abondance exceptionnellement élevée de C37:4.

D'après ces travaux, les plus hautes concentrations de C37:4 se manifestaient lorsque le climat était le plus froid, notamment à la période glaciaire Dryas récent, qui s'est produite il y a plus de 12.000 ans. En d'autres termes (et de manière assez logique), plus le climat était chaud, plus le volume de glace et la concentration de C37:4 diminuaient. 

Mieux anticiper les bouleversements climatiques de demain

Les scientifiques à l'origine de la publication espèrent que cette découverte permettra de mieux comprendre la dynamique des glaces de mer au fil du temps. D'après les chercheurs, ces informations permettraient d'améliorer les modèles du climat et donc de mieux prévoir les changements climatiques à venir.

En octobre dernier, la sphère scientifique alertait sur la superficie de la banquise arctique, la plus faible enregistrée depuis les années 80. Une conséquence de la vague de chaleur record survenue au cours de l'été 2020.