Ça veut dire quoi, la neutralité carbone ?

Une étude de l'ONG Oxfam et du Stockholm Environment Institute nous apprend cette semaine que les émissions de gaz à effet de serre sont deux fois plus importantes chez les 1% les plus riches de la population (environ 63 millions de personnes), responsables à eux seuls de 15% des émissions cumulées.

Un ratio émissions/absorption en équilibre

Lors de la COP 21 de 2015, qui s'est soldée par l'Accord de Paris sur le climat, 195 pays (dont l'Union européenne) se sont engagés à atteindre la neutralité carbone d'ici 2050. Mais qu'entend-on exactement par neutralité carbone ?

Le mot "neutralité" ne fait pas référence à l'absence totale d'émission de gaz carbonique mais à un plafonnement, que l'on peut définir par l'équilibre entre les émissions de gaz à effet de serre et l'absorption du carbone par les puits naturels, c'est-à-dire les écosystèmes de la planète (forêts, prairies, sols, océans). 

Or si ces puits de carbone sont capables d'éliminer entre 9,5 et 11 gigatonnes de CO2 par an, les émissions de dioxyde de carbone annuelles émises dans le monde sont 4 fois plus élevées (43,1 gigatonnes en 2019, dont 36,8 milliards de tonnes de CO2 en raison de l'usage du charbon, du pétrole et du gaz).

Quelles stratégies pour y parvenir ?

L'option la plus pratiquée à ce jour pour parvenir à la neutralité carbone consiste à se tourner vers ce qu'on appelle la "compensation carbone", qui consiste à contrebalancer les émissions produites par un secteur en les réduisant ailleurs (stratégie adoptée par bon nombre d'entreprises).

Cela peut aussi notamment se traduire par l'élargissement des capacités des puits carbone. En plantant plus d'arbres par exemple. Cette alternative comporte toutefois des limites, notamment à cause du réchauffement climatique, qui amplifie les feux de forêt et accroît le risque de libérer du CO2 dans l'atmosphère. 

Les solutions les plus efficaces pour atteindre la neutralité carbone consistent donc à préserver les écosystèmes, mais aussi à réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre.

Au niveau mondial, cela nécessite de s'attaquer en priorité aux secteurs les plus polluants : industries de l'énergie, textile, transports, agriculture, bâtiment…