C'est quoi, une ville résiliente ?

C'est quoi, une ville résiliente ?
C'est quoi, une ville résiliente ? - © Maskot - Getty Images

Barcelone en Espagne, Durban en Afrique du Sud, Melbourne en Australie mais aussi Paris... Quel est le point de toutes ces destinations ? Ce sont des villes résilientes.

Ce concept urbain mis sur les rails depuis le début du XXIe siècle résonne plus que jamais comme un projet à concrétiser. Vite, très vite !

La cité, responsable et victime des principaux maux de la planète

20.000 immeubles inondés, 150.000 sinistrés, la crue de la Seine à Paris en 1910 fut une catastrophe naturelle majeure. En août 2005, l'ouragan Katrina fut la tempête tropicale la plus meurtrière et la plus coûteuse des Etats-Unis. Depuis, il y eut aussi le typhon Haiyan aux Philippines, Sandy ou encore Irma... Des attaques à la bombe dans le métro de Londres en 2005, des attentats terroristes en 2015 à Paris, et puis le début d'une épidémie de nouveau coronavirus fin 2019 en Chine...

Toutes ces actualités, si dramatiques soient-elles, ont poussé les populations à suivre un même schéma : panser les plaies puis se relever.

Face à ces nombreux chocs, les villes du monde entier s'engagent à repenser leurs espaces urbains pour mieux affronter la réalité d'un monde qui change. Bienvenue dans les "villes résilientes"

Selon Veolia, ce concept correspond à la "capacité des villes à se remettre de traumatismes et poursuivre leur développement". Une urgence d'autant plus concrète que 70% de la population mondiale vivra en ville à l'horizon 2050.

Pourquoi ce sont elles qui ont précisément un rôle à jouer ? Parce qu'elles sont à la fois victimes des chocs environnementaux, sociaux et économiques, mais aussi coupables de ces actualités. Qui est responsable de la majorité des émissions de dioxyde de carbone et qui présente un panorama totalement dévasté lorsque la Terre a décidé de faire entendre sa colère ?

Environnement, pauvreté, gestion des risques : des actions sur tous les fronts

Depuis le début des années 2000 de nombreuses destinations mettent en place des stratégies de résilience pour "prévenir et gérer les risques". La Fondation Rockefeller a lancé en 2013 le "réseau des 100 villes résilientes", dont Paris fait partie mais aussi Melbourne, Durban, Barcelone pour mieux gérer les conséquences de grands chocs tels qu'une catastrophe naturelle, une pandémie, un chômage exponentiel, l'explosion de bidonvilles... Concrètement, c'est un soutien financier pour recruter un Haut Responsable de la Résilience, à l'image de Sébastien Maire, rattaché à la Mairie de Paris.

A Paris, cette stratégie de résilience a donné lieu à l'élaboration d'un plan d'action qui prévoit de s'appuyer sur ses habitants pour devenir inclusive, mais aussi concevoir autrement ses espaces urbains. Concrètement, il s'agit de soutenir la création de nouveaux métiers de proximité, étudier les sous-sols pour réduire les risques d'effondrement et d'inondation, développer l'économie circulaire, la fabrication locale et les échanges non monétaires ou encore déployer un dispositif de formation aux gestes qui sauvent et transformer les cours d'école en ilots de fraîcheur par le biais par exemple de jardins et de potagers.

Partout dans le monde, les initiatives se multiplient. Alors que nombre d'autorités municipales se passent le relais pour nommer des agents de la résilience (Chief resilience officer), la Covid-19 a incité la mise en place de programmes alimentaires, à la Nouvelle-Orléans par exemple, où les restaurants préparent des repas remis deux fois par jour aux populations dans le besoin. Cela concerne 12.000 habitants. Et ce plan d'action a vocation à perdurer. La ville d'Edimbourg préfère miser sur le digital pour résoudre ses problèmes sociaux et environnementaux. Un plan sur trois années a été dévoilé au début du mois d'octobre pour en finir avec la pauvreté. Tout un programme...