Brésil : un sanctuaire de jaguars menacé par les incendies

Brésil : un sanctuaire de jaguars menacé par les incendies
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Brésil : un sanctuaire de jaguars menacé par les incendies - © ROGERIO FLORENTINO - AFP

Les incendies qui font rage dans le Pantanal, la plus grande zone humide tropicale sur terre, menacent une réserve naturelle connue pour abriter la plus grande population de jaguars au monde, ont alerté mardi les autorités de l’Etat du Mato Grosso, dans le centre-ouest du Brésil.

"Des renforts ont été envoyés pour lutter contre l’incendie dans le parc naturel Encontro das Aguas", proche de la frontière avec le Paraguay, et "se concentrent dans l’est du parc connu pour abriter la plus grande concentration de jaguars au monde", souligne le communiqué.

Deux femmes et sept enfants, dont les maisons étaient entourées par les flammes, ont été secourus par les sauveteurs qui tentent également de protéger les 140 ponts afin d’éviter que les populations se retrouvent isolées, est-il ajouté.

La région abrite une des plus grandes concentrations d’oiseaux et de caïmans de la planète mais également une colonie de jaguars, espèce classée comme "presque menacée" d’extinction par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Cette grande plaine traversée par de nombreuses rivières a été touchée par un nombre record d’incendies cette année.

Il y a déjà eu plus d’incendies dans le Pantanal brésilien cette année (12.102) que sur l’ensemble des années 2018 et 2019 combinées, selon les données satellitaires recueillies par l’agence spatiale nationale, l’INPE.

En juillet, les satellites ont détecté 1684 incendies dans la région, soit trois fois plus qu’en juillet 2019 considéré jusqu’alors comme le pire mois depuis le début des relevés de l’INPE en 1998.

Les autorités brésiliennes ont lancé le 7 août l’opération Pantanal II visant à limiter l’impact de ces incendies et 122 pompiers luttent actuellement contre les flammes, appuyés par cinq avions bombardiers d’eau.

Les jaguars menacés par une sécheresse exceptionnelle

De nombreux bénévoles tentent de prêter main forte aux pompiers, notamment des personnes qui vivent de l'écotourisme, très développé dans cette région où des visiteurs du monde entier sillonnent habituellement les zones inondées dans de petites barques pour admirer des caïmans ou des loutres géantes nommées Capivaras.

Mais cela fait plusieurs mois que ce paradis écologique est ravagé par les flammes, malgré l'envoi de l'armée en août pour combattre les incendies.

Cette semaine, le parc naturel Encontro das Aguas, proche de la frontière avec le Paraguay, connu pour abriter la plus grande concentration de jaguars au monde, a à son tour été atteint par les flammes.

Ce désastre est dû avant tout à une sécheresse exceptionnelle : de janvier à mai, au cœur de la saison humide, il a plu moitié moins que prévu au Pantanal et de nombreuses zones n'ont pas pu être inondées comme c'est le cas normalement.

"La sécheresse extrême, alliée aux températures élevées et aux vents forts font que la végétation prend feu très facilement et que les incendies se propagent de façon très intense", explique Felipe Dias.

Mais la sécheresse n'explique pas tout. Selon Vinicius Silgueiro, de l'Institut Centre de Vie (ICV), de nouvelles cultures lancées par les agriculteurs ont également contribué aux incendies. "Beaucoup de plantes natives ont été remplacées par d'autres destinées au pâturage", explique-t-il.

Certains agriculteurs pratiquent le brûlis qui se transforment en incendie et, selon ce spécialiste, un des principaux problèmes est la "sensation d'impunité" qui règne en raison "du manque de moyens des organes publics de protection environnementale".