Bordeaux inaugure sa première micro-forêt destinée à "casser le bitume"

Une opération "emblématique" du plan de végétalisation mené par la nouvelle mairie écologiste.

"On n'est pas là depuis longtemps mais on commence à casser le bitume. C'est une plus-value pour tout un quartier, il y a une obligation de créer des îlots de fraîcheur", a expliqué le maire de Bordeaux devant la presse après avoir planté le premier chêne de cette nouvelle place. Sachant que la ville rêvée des Millennials favorise la nature, la sécurité et la convivialité, Bordeaux est en passe de devenir une oasis. Les jeunes se rendant compte que la proximité avec la nature leur fait vraiment du bien tant au moral qu'à la santé.

Des initiatives également en vue dans notre plat pays où Ottignies-Louvain-la-Neuve va mettre 2,5 hectares d'espaces verts à disposition des citoyens.

100 m² de forêt = 1 degré en moins

"Un espace de 100 m² de forêt réduit de un degré la température dans les rues adjacentes", a affirmé Pierre Hurmic, rappelant qu'une "dizaine de micro-forêts" similaires étaient à l'étude à l'échelle de la métropole bordelaise.

Encore en cours de plantation, cette place de 180 m² dans un quartier résidentiel du sud de Bordeaux, doit accueillir une micro-forêt très dense constituée de 600 plants forestiers, comprenant 25 espèces d'arbres et une soixantaine d'herbacés différents, pour un coût total de 50.000 euros, selon la mairie mais 280.000 euros selon le collectif 'Bordeaux Ensemble'.

"La plantation est un acte altruiste", explique Christophe Dangles, responsable du service arbre et forêt à Bordeaux métropole.

"On plante pour les générations suivantes", poursuit-il, précisant que cette place "imaginée comme un décor" n'était pas vouée à accueillir du public.


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La "culture de la voiture" imprègne encore les esprits

Sur place, les riverains accueillent sans véritable enthousiasme ce nouvel aménagement, à l'origine de la suppression de "13 places de parking" selon Cyrille, installé depuis une quinzaine d'années dans le quartier, "pas content" de devoir payer "15 euros par mois pour chercher une place de stationnement" (résidentiel).

Michel, 69 ans, propriétaire d'une maison donnant sur la future micro-forêt, est "plutôt favorable" au projet mais le retraité regrette une décision politique "sans concertation" pour planter "des chênes qui vont mettre 30 ans à pousser".


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"Il faudra plusieurs dizaines d'années avant d'avoir un arbre adulte", concède Didier Jeanjean, adjoint au maire en charge de la nature en ville, conscient de "changer les habitudes" après des "décennies de culture de la voiture".

Un plan de végétalisation de la ville sur le long terme

Cette première micro-forêt est conçue comme la première "déclinaison" de la stratégie de végétalisation de l'espace public portée par Pierre Hurmic, visant à "passer d'une ville très minérale à une ville plus végétale".

Fin 2020, la municipalité avait présenté son plan "Bordeaux grandeur Nature" prévoyant notamment le triplement du budget consacré aux plantations, fixé à 300.000 euros, et la protection d'espaces en friche de la bétonisation.