Bitcoin : en pleine expansion, cette cryptomonnaie pourrait coûter cher à l'environnement

La création de bitcoins (ou "minage" dans le jargon des experts) se fait dans des "fermes" contenant des milliers  d'ordinateurs qui tournent à plein régime afin d'effectuer des calculs complexes.
La création de bitcoins (ou "minage" dans le jargon des experts) se fait dans des "fermes" contenant des milliers d'ordinateurs qui tournent à plein régime afin d'effectuer des calculs complexes. - © NiseriN/Getty Images

Avec un prix record de 58.000 dollars l'unité (soit environ 48 000 euros) atteint en février dernier, le bitcoin suscite un engouement sans précédent. Mais cette cryptomonnaie cache une face plus sombre. Car sa création se révèle très énergivore, rappelle l'économiste néerlandais Alex de Vries.

La création de bitcoins (ou "minage" dans le jargon des experts) se fait dans des "fermes" contenant des milliers d'ordinateurs qui tournent à plein régime afin d'effectuer des calculs complexes. Un processus qui s'avère très gourmand en électricité.

Généralisé, son usage réchaufferait la planète de 2° en 30 ans

La technologie associée à la fabrication de bitcoins pourrait générer des émissions de carbone gargantuesques, comme l'ont souligné plusieurs études, dont une réalisée par des chercheurs de l'université d'Hawaï et parue dans Nature Climate Change en 2018. 

D'après cette étude, l'élaboration de bitcoins pourrait à elle seule (si cette cryptomonnaie venait à se généraliser), produire suffisamment d'émissions de CO2 pour faire passer le réchauffement au-dessus de 2°C en moins de trois décennies.

Une technologie associée à une lourde empreinte carbone

Dans un article disponible sur le site de la revue Joule, l'économiste Alex de Vries chiffre l'énergie consommée dans le minage de bitcoins à 90,2 millions de tonnes métriques de CO2, soit une estimation comparable à celle de l'empreinte carbone de l'agglomération londonienne.

"C'est un chiffre assez hallucinant. Ces centres de données servent la majeure partie de la civilisation mondiale", explique-t-il. 

"Le bitcoin, lui, ne sert presque à personne mais consomme une quantité monstrueuse d'électricité."

Ce dernier insiste également sur l'existence éphémère des fermes de minage de bitcoins et la quantité importante de déchets électroniques que cela pourrait générer dans les années à venir. 

Quel avenir pour le bitcoin ?

Pour limiter l'impact néfaste du bitcoin sur notre planète, Alex de Vries suggère plusieurs mesures concrètes à mettre en place, par exemple taxer les fabricants de dispositifs de minage ou réglementer les plateformes d'échange de cryptomonnaies.

L'économiste incite également à la prudence concernant l'avenir incertain du bitcoin, compte tenu du peu d'informations que l'on détient actuellement sur cette cryptomonnaie : "Qui sait ce qui se passera en 2024 ? Peut-être que tout le monde utilisera le bitcoin, peut-être que personne ne l'utilisera ou peut-être que tout le monde l'aura oublié !".