Adopter un chat hypoallergenique, bientôt possible grâce à la génétique

Adopter un chat hypoallergenique, bientôt possible grace à la génétique
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Adopter un chat hypoallergenique, bientôt possible grace à la génétique - © Anders Andersson - Getty Images

Une entreprise travaille sur une injection altérant l’ADN pour rendre les chats de compagnies hypoallergéniques.

Si vous faites partie des 10% de la population mondiale qui est allergique aux chats, ce ne sont pas les poils que vous devez blâmer mais bien une protéine, connue sous le nom de Fel d 1, présente dans la salive et la peau des chats, qu’ils transmettent sur leurs poils en se lavant.

Fel d 1, la protéine qui vous rend allergique

Cette protéine est étudiée depuis longtemps par les scientifiques et les immunologistes pour comprendre son rôle dans l'allergie aux chats. S’ils pouvaient trouver un moyen d’empêcher les chats de produire cette protéine, ils pourraient enfin mettre un terme à tous ces symptômes très désagréabels vécus par les personnes allergiques. Adieu éternuements, respiration sifflante (voir à l'asthme) et reniflements !

Il existe pour l’instant peu de solutions pour les amoureux des chats qui sont malheureusement atteints par cette allergie, certaines races sont appelées "hypoallergéniques" mais ne sont pas vraiment exemptes de l’allergène incriminé. En effet, ils ont juste moins de poils (comme les Sphynx) ou bien leurs poils tombent moins.

Au milieu des années 2000, une société de biotechnologie (Allerca) a prétendu vendre des chats hypoallergéniques, élevés pour produire moins de Fel d 1. Mais un rapport de 2013 d’ABC News a révélé que les chats (qui coûtaient la modique somme de 4000 à 28.000 $) n'avaient aucunement moins de Fel d 1 que les autres chats... une arnaque qui a beaucoup attristé tous les allergiques qui espéraient pouvoir enfin ranger les mouchoirs.

CRISPR, des ciseaux génétiques pour couper la protéine incriminée

Malgré ces déconvenues, une solution est peut-être vraiment en marche. L’outil "d’édition de gènes" appelé CRISPR (Clustered Regularly Interspaced Short Palindromic Repeats ou en français Courtes Répétitions Palindromiques Groupées et Régulièrement Espacées) a ouvert de nouvelles possibilités pour l’avenir des chats hypoallergéniques.

Comme l’explique OneZero, les scientifiques d’une entreprise de Virginie, Indoor Biotechnologies, ont réussi à utiliser le CRISPR pour supprimer le gène qui dit au corps du chat comment fabriquer la molécule Fel d 1.

Les expériences n’ont pas été faites sur des animaux, on vous rassure, l’équipe travaille avec une branche locale de la "Society for the Prevention of Cruelty to Animals" pour obtenir des échantillons de tissus de 50 chats et ont utilisé ces cellules félines dans leurs recherches. Malgré l’absence de tests sur un animal vivant (pour l’instant), les chercheurs pensent que la méthode est prometteuse pour de vrais animaux de compagnie.

Une injection et le tour est joué

Indoor Biotechnologies ne prétend pas créer de nouvelle race hypoallergénique mais bien développer un médicament à base de CRISPR pour modifier l’ADN des chats que les gens possèdent déjà. Si le médicament s’avère sûr pour l'animal et l'homme, les propriétaires d’animaux de compagnie pourraient amener leur chat chez le vétérinaire pour une injection et repartir avec un chat qui ne causerait plus d’allergies. Magie !

Le médicament fonctionnerait en deux temps : une molécule guide et une protéine de coupe. Le guide est programmé pour trouver n’importe quelle partie du génome qu'on lui indiquerait, il faut donc que les chercheurs identifient l’endroit exact où se trouve la séquence génétique spécifique. Une fois arrivée à bon port, la protéine coupante fait son travail et découpe cette séquence génétique spécifique.

Quels risques pour le chat ?

Bien que les premiers résultats de la recherche soient prometteurs, il est possible que la protéine Fel d 1 remplisse une fonction essentielle autre que la production d’allergènes et que sa suppression puisse avoir des effets nocifs sur le chat.

Martin et Brackett, deux chercheurs chez Indoor Biotechnologies, ont envisagé cette possibilité et pensent que la seule façon de savoir sera de faire des expériences sur de vrais chats. Il faudra encore quelques années avant de parvenir à un résultat sûr pour les animaux et leurs maîtres. Affaire à suivre !