À l'intérieur d'un œuf de dinosaure, la surprise des scientifiques !

À l'intérieur d'un œuf de dinosaure, la surprise des scientifiques !
À l'intérieur d'un œuf de dinosaure, la surprise des scientifiques ! - © dbrskinner - Getty Images

Des scientifiques ont analysé le crâne embryonnaire presque intact d’un sauropode titanosaurien, ces dinosaures à long cou. Le crâne, resté dans un état étonnamment bon, intrigue les experts du jurassique.

L’étude publiée jeudi dans la revue Current Biology révèle que les dinosaures au long cou (comme les Brontosaures) ne naissent pas avec leurs proportions d’adultes. En effet, les bébés dinosaures naissent avec des traits faciaux différents et qui évolueront ensuite en vieillissant. Par exemple, les yeux des jeunes étaient un peu comme ceux des humains, positionnés à l’avant de la tête, au lieu d’être de chaque côté, comme ils le sont chez les dinosaures adultes. Ils avaient également une corne ressemblant à celle d’un rhinocéros !

"Nous prévoyons que le spécimen deviendra l’un des fossiles les plus importants dans l’étude de la reproduction et du développement des gigantesques dinosaures quadrupèdes", a déclaré, dans un e-mail à CNN, Martin Kundrát, auteur de l’étude et directeur du PaleoBioImaging Lab de l’Université Pavol Jozef Šafárik en Slovaquie.

Le but de l’étude est de comprendre comment des dinosaures nés minuscules dans des œufs de la taille d’un œuf d’autruche peuvent évoluer et grandir pour atteindre la taille de ces sauropodes titanosauriens aux longs cous, à longues queues et à petites têtes, des animaux parmi les plus grands à avoir vécus sur Terre.

La découverte d’œufs extrêmement rares

Il y a 25 ans, des chercheurs ont découvert un terrain de nidification de dinosaures en Patagonie (Argentine), un site où les sauropodes titanosauriens ont pondu leurs œufs il y a 80 millions d’années. Malheureusement, les œufs que les chercheurs ont découverts sur ce site étaient aplatis (ce qui est compréhensible après autant de temps) mais qui rend l’étude plus difficile.

Cependant, grâce à une nouvelle technologie d’imagerie, les chercheurs ont pu redonner une structure en 3d et on pu voir apparaitre : dents, os et traces de tissus mous de l’embryon. A l'intérieur, ils ont pu observer des restes calcifiés de la cervelle, des muscles de la mâchoire et même de minuscules dents.

"La préservation des dinosaures embryonnaires conservés à l’intérieur de leurs œufs est extrêmement rare", a déclaré John Nudds, professeur de paléontologie à l’Université de Manchester, dans un communiqué. "Imaginez les énormes sauropodes de 'Jurassic Park' et rendez-vous compte que les minuscules crânes de leurs bébés, toujours à l’intérieur de leurs œufs, ne mesurent que quelques centimètres de long."

Un bébé très différent de ses parents

À leur éclosion, les bébés titanosaures avaient des ouvertures rétractées sur le nez, une petite tête avec une corne et une vision binoculaire (comme les humains). Une petite corne qui disparaissait au fur et à mesure que le petit grandissait et dont les experts pensent qu'elle avait un rôle de défense en plus de l'aider à sortir de sa coquille au moment de sa naissance.

"Ils pouvaient rester cachés dans un habitat semblable à une forêt avant de devenir assez grands pour se déplacer dans un environnement ouvert", explique Martin Kundrát.

"Une bonne vue et une vision binoculaire pouvaient offrir un avantage dans la détection des aliments ainsi que des dangers potentiels. La caractéristique la plus frappante, la corne prémaxillaire, pouvait être utilisée pour la recherche d’un aliment ou/et comme un outil de défense pour la période où il était le plus vulnérable."

Un bébé titanosaurien ou une nouvelle espèce ?

L'embryon ressemble à un dinosaure titanosaurien appelé Tapuiasaurus qui a vécu au cours du Crétacé supérieur au Brésil, il y a entre 66 millions et 100,5 millions d’années mais les chercheurs se demandent malgré tout s'il ne sont pas face à une nouvelle espèce puisqu'ils ne savent pas exactement où l’œuf a été découvert. En effet, l’œuf a été exporté illégalement d’Argentine et, quand les chercheurs s'en sont rendu compte, le co-auteur de l’étude (Terry Manning) s’est assuré que le fossile soit renvoyé dans son pays où il a trouvé sa place avec d'autres embryons découverts à Auca Mahuevo au Museo Municipal Carmen Funes.