Un cimetière souterrain ultramoderne inauguré à Jérusalem

 

Si les découvertes archéologiques font souvent la une en Israël, cette nécropole est, elle, totalement moderne. Après trois ans de travaux, ce nouveau lieu de sépulture peut accueillir 8.000 tombes et à terme environ 23.000, selon son concepteur.

Située sous les pentes raides du cimetière Har Hamenuhot ("la montagne du repos"), dans l'ouest de Jérusalem, la nouvelle nécropole, qui devrait s'étendre sur 1,6 km, permet d'inhumer 1.500 personnes par 1.000 m2 au lieu de 300 dans d'autres cimetières sous terre.

"Nous avons creusé et construit un lieu qui allie tradition (juive) et environnement", a expliqué Arik Glazer, directeur de l'entreprise Rolzur.

Spécialisée dans la construction de tunnels et responsable des travaux, l'entreprise, qui s'est associée à la société funéraire de Jérusalem, a préféré creuser sous la montagne plutôt que de l'aplanir, une méthode traditionnellement utilisée pour agrandir les cimetières.

Fascinées et interloquées, des centaines de personnes ont arpenté mercredi les allées de la nécropole, équipée du nec plus ultra d'éclairages, d'ascenseurs et de systèmes de ventilation.

Les dépouilles seront disposées dans des alvéoles aménagées dans la roche, sur trois étages, et dans l'allée centrale.

"Ce genre de sépultures n'existe nulle part ailleurs dans le monde à ma connaissance", a déclaré Hanania Shachor, le directeur des pompes funèbres de Jérusalem, se félicitant d'un projet "novateur".

"Nous avons voulu préserver les terrains où vivent des gens en construisant en sous-sol, et éviter de voir construire de nouveaux cimetières dans la ville", a-t-il expliqué.

 

La pénurie d'espace en Israël force les sociétés funéraires à trouver des solutions nouvelles.

La situation est peut-être plus critique à Jérusalem qu'ailleurs: depuis toujours, les Juifs du monde entier veulent reposer dans la Ville Sainte. Selon la croyance juive, c'est ici que les morts commenceront à ressusciter à la fin des temps.

Le judaïsme traditionnel commande que les défunts soient mis en terre et qu'il est interdit de les déplacer.

C'est pourquoi les concepteurs du cimetière ont veillé à ce que les dépouilles soient disposées dans des alvéoles aménagées dans la roche pour qu'elles restent au contact de la terre.

Mais le nouveau système d'inhumation n'a pas semblé plaire à tous les visiteurs: "Je préfère être sous la terre que dans un mur (de roche)", a chuchoté une dame à l'oreille de son mari.