Stations de ski: une étude souligne la pertinence des investissements dans la neige de culture

Une étude menée auprès de 23 domaines skiables de l'Isère révèle que les investissements envisagés par les stations du département dans la neige de culture leur permettront de "maintenir un niveau d'enneigement similaire à celui d'aujourd'hui" en
Une étude menée auprès de 23 domaines skiables de l'Isère révèle que les investissements envisagés par les stations du département dans la neige de culture leur permettront de "maintenir un niveau d'enneigement similaire à celui d'aujourd'hui" en - © pejft / Istock.com

Une étude menée auprès de 23 domaines skiables de l'Isère révèle que les investissements envisagés par les stations du département français dans la neige de culture leur permettront de "maintenir un niveau d'enneigement similaire à celui d'aujourd'hui" en 2050.

L'utilisation des canons à neige permettra aux exploitants des remontées mécaniques "de conserver" à cette échéance un "indice de viabilité de l'enneigement équivalent à l'indice actuel sans neige de culture", précise l'enquête, dont les résultats ont été dévoilés mardi.

L'étude, qui analyse l'impact de la production de la neige de culture au regard de l'évolution des conditions d'enneigement de cinq massifs de l'Isère soumis au réchauffement, rappelle que la surface des domaines skiables du département équipée pour sa production va passer "de 27% en 2017 à 42% en 2025".

"La neige de culture n'est pas là pour améliorer les conditions de neige quand elles sont bonnes, mais pour atténuer les effets quand elles sont défavorables", souligne Samuel Morin, directeur du Centre d'étude de la neige de Météo France.

"Le problème à cette échéance, ce ne sera pas l'enneigement moyen, mais la répétition des années avec un enneigement naturel délicat en raison du réchauffement climatique", ajoute-t-il, rappelant que la neige "ne disparaîtra pas totalement".

Lancée en mai 2016 avec le concours du Centre d'études de la neige, l'Institut national de recherche en sciences et technologies pour l'environnement et l'agriculture, la coopérative Natura scop et le cabinet d'audit KPMG, l'enquête analyse également l'impact de ces projets sur les besoins en eau des domaines skiables.

Depuis le début des années 2000, la demande d'eau "a été multipliée par trois" dans les stations iséroises et "devrait augmenter de 50% d'ici 2025", pointe notamment l'étude. L'évolution climatique attendue - avec moins de neige et davantage de pluie - et les régimes hydrologiques qui en découlent "amélioreront généralement l'adéquation ressource-besoin en eau pour la dimension neige de culture".

"Les investissements des stations devront toutefois être réétudiés au regard de la priorité donnée à la neige de culture", analyse Laurent Pradère, directeur de mission au cabinet KPMG.

"Chacun des plans d'investissements devra être redimensionné sur une période plus longue, surtout pour les domaines les plus fragiles", conclut-il.