Pourquoi centrez-vous vos selfies sur votre oeil gauche?

Pourquoi centrez-vous vos selfies sur votre oeil gauche?
Pourquoi centrez-vous vos selfies sur votre oeil gauche? - © Paolo Cipriani - Getty Images

Une étude insolite menée par des scientifiques européens montre qu'on a tendance à diriger l'un de nos yeux légèrement vers la gauche lorsque nous nous prenons nous-mêmes en photo.

 

Les "selfies" font désormais partie intégrante de notre quotidien. Dans la photothèque personnelle de notre smartphone ou sur les comptes Instagram des uns et des autres... Un phénomène qui a intéressé de près des chercheurs des universités de Londres, Liverpool et Parme. Mais moins pour la question du "Pourquoi nous aimons tellement ça?" que pour étudier la direction que prennent les yeux lorsqu'une personne se livre à ce type d'exercice.

 

Les auteurs de cette nouvelle étude, publiée dans la prestigieuse revue scientifique Plos One, ont remarqué que les gens qui se prennent en selfie ont tendance à centrer la photo sur leur œil gauche.

Ce léger centrage de l'œil vers la gauche correspond à de la "pseudonégligence", phénomène généralement observé chez les personnes au fonctionnement neurologique sain, où l'attention spatiale tend à se déplacer vers la gauche.

"La tendance à centrer une caractéristique d'intérêt particulier dans le cadre provient probablement du fait que nous, les humains, avons une seule région focale de haute résolution au centre de notre rétine, la fovéa, qui constitue un point d'attraction naturel pour cette tendance largement insoupçonnée à composer le portrait", explique Christopher Tyler, professeur d'optométrie et de sciences visuelles à l'Université de Londres.

 

D'après le Pr Tyler, cette théorie confirme l'une de ses précédentes analyses visant à montrer que les artistes peintres avaient eux aussi tendance à centrer le regard des sujets lorsqu'ils réalisaient des portraits. Technique dont a manifestement hérité "l'art" du selfie. 

Les chercheurs soulignent toutefois les limites de l'étude, précisant par exemple que les clichés étudiés ont pu subir une rotation de la gauche vers la droite (ou inversement) avant d'être publiés sur le réseau social.