Pour Noël, pourquoi pas des jouets mixtes?

Pour Noël, pourquoi pas des jouets mixtes?
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Pour Noël, pourquoi pas des jouets mixtes? - © D-Keine - Getty Images

Table à repasser "pour faire comme maman", boîte à outils "pour bricoler comme papa"...

Et si, pour pousser les filles vers des filières scientifiques ou plus simplement pour briser les stéréotypes, on achetait un jouet mixte à son enfant à Noël?

Développer les "talents"

Chez Oxybul Eveil et Jeux, la mixité est de mise depuis les débuts de l'enseigne il y a 30 ans. "On se base sur la théorie des intelligences multiples du psychologue américain Howard Gardner", qui veut que chaque enfant ait un "talent" en lui qui ne demande qu'à s'exprimer, explique sa directrice, Catherine de Bleeker.

"Notre mission, c'est donc d'éveiller et développer ces talents, sans enfermer l'enfant, afin qu'il soit le plus autonome possible, en éveillant son sens critique..."

"D'où le fait qu'on ne trouvera pas de licences (Star Wars, Reine des Neiges...) chez nous", ajoute-t-elle.

Des rôles interchangeables

Les industriels font aussi des efforts, assure Frédérique Tutt, experte du secteur des jouets: "Pour les 60 ans de Barbie cette année, Mattel a ainsi sorti "des modèles 'Femmes illustres' en disant qu'avec cette poupée 'Vous pouvez être qui vous voulez, donc ingénieure spationaute, présidente des Etats-Unis... Il n'y a pas de limite', même si la poupée reste mince et blonde".

Au rayon jouets d'imitation, "chez Smoby par exemple, on voit maintenant sur les emballages un garçon et une fille qui cuisinent ensemble", précise-t-elle.

Chez Playmobil, "les personnages masculins et féminins sont faits pour évoluer dans différents univers et c'est l'enfant qui va déterminer le rôle de chacun: une princesse peut ainsi se retrouver au volant d'un camion de pompier et c'est tant mieux", indique sa directrice marketing pour la France, Cécile L'Hermite.

Quel avenir pour le non genré?

Si la mixité est donc plutôt valorisée dans le secteur, le concept plus extrême de jouets "non genrés" est en revanche regardé avec suspicion. Mattel vient ainsi de lancer aux Etats-Unis "une nouvelle gamme qui s'appelle 'Creatable world', des poupées au corps d'un enfant de 8-10 ans et aux cheveux courts", précise Frédérique Tutt, qui pense toutefois que le marché européen n'est pas encore prêt pour ce type de poupées.

"Il faut trouver le juste milieu et ne pas aller vers le 'tout neutre': si vendre des trottinettes roses peut aider les filles à aller vers plus d'activité physique, pourquoi pas, il ne faut pas être obtus non plus."

"On n'a pas vocation à mettre dans l'esprit des enfants que la place d'une maman ne doit pas être dans la cuisine", renchérit Cécile L'Hermite. Pour elle, ce sont les parents qui ont un rôle à jouer: "Il ne faut pas brimer les envies de certains enfants et garder à l'esprit un équilibre dans les thématiques". Dans cet esprit, en 2020, Playmobil lancera la première "chevalière" et le premier... homme-sirène.