Paris inaugure ses premières "voies anti-bruit et anti-chaleur"

la mairie de Paris a inauguré lundi les premières voies anti-bruit et anti-chaleur de la capitale pour s'adapter au "défi climatique" et "améliorer le cadre de vie" des Parisiens.
la mairie de Paris a inauguré lundi les premières voies anti-bruit et anti-chaleur de la capitale pour s'adapter au "défi climatique" et "améliorer le cadre de vie" des Parisiens. - © DKart / IStock.com

Lutter contre la pollution sonore et diminuer la température du bitume: la mairie de Paris a inauguré lundi les premières voies anti-bruit et anti-chaleur de la capitale pour s'adapter au "défi climatique" et "améliorer le cadre de vie" des Parisiens.

Trois axes "pilotes" de la capitale - choisies pour leur niveau d'exposition au bruit et au soleil, le manque d'espaces verts et l'impact du bruit sur les riverains - sont actuellement en phase finale d'aménagement.

Un nouveau revêtement anti-bruit et anti-chaleur couvre déjà quelque 200 mètres rue Frémicourt et autant rue Lecourbe (XVè arrondissement). Il doit être posé le semaine prochaine sur une même surface rue de Courcelles (VIIIè arrondissement).

L'expérimentation doit déterminer laquelle des trois formules de revêtement routier bitumeux mises au point par les entreprises Colas (Bouygues) et Eurovia (Vinci) remplit au mieux le "double objectif thermique et phonique" de réduction de la pollution sonore et de lutte contre les "îlots de chaleur" en milieux urbains.

L'originalité des revêtements repose sur l'utilisation de matériaux plus clairs absorbant moins la chaleur, mais aussi plus poreux afin de retenir plus d'eau et de baisser la température de l'asphalte sans perdre en durabilité.

Objectifs d'ici 2021: une baisse de deux degrés de la température (-3°C en ressenti pour les piétons) ainsi qu'une diminution du bruit de roulement d'au moins 3 dB, soit une division de la pollution sonore par deux.

Six "stations météo" ont été installées près des voies par l'observatoire du bruit en Île-de-France, Bruitparif, pour enregistrer les changements sonores et de température.

Si les résultats sont concluants, le dispositif pourrait être étendu à l'ensemble de la ville.

"On est en train de faire à Paris une petite révolution urbaine", s'est félicitée Célia Blauel, adjointe EELV à la maire de Paris en charge de l'Environnement. "Ce qu'on fait avec ce bitume innovant, c'est pour dire que l'ère du tout béton c'est fini pour les villes qui veulent devenir durables", a-t-elle ajouté, soulignant l'impact sanitaire pour les riverains.

11% des Parisiens sont exposés à des niveaux sonores supérieurs à la limite réglementaire de 68 dB, d'après les services de la Ville, avec des conséquences directes notamment sur la qualité du sommeil et la santé.

Le projet est co-financé par l'Union européenne à hauteur de 1,3 million d'euros pour un coût total de 2,3 millions d'euros.