Les origines du Black Friday

Les origines du Black Friday
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Les origines du Black Friday - © BEN STANSALL - AFP

Entre Halloween le 31 octobre et Saint-Nicolas début décembre, le mois de novembre se sentait un peu délaissé et on n’avait justement rien à fêter.

Qu’à cela ne tienne, voilà les Etats-Unis qui nous rendent un immense service et nous proposent une fête bien de chez eux qui, en plus, va booster les ventes et le commerce. On dit merci qui ?

Un peu d’histoire

Avant le Black Friday, il y a Thanksgiving. Cette fête chère aux Américains que l’on a appris à connaître à travers les films où des familles parfaites se réunissaient autour d’une dinde (Thanksgiving Turkey) en disant merci pour tous les bienfaits de l’année. Vous situez ? Le Black Friday vient juste après. Le lendemain, quand tous les estomacs sont encore remplis et les paupières ont du mal à se soulever, les Américains vont dépenser toutes les calories de la veille, non pas à la salle de sport mais bien dans les magasins.

L’histoire du Black Friday remonterait aux années 1930 où les commerçants l’ont instauré afin de redynamiser l’économie post Grande Dépression (1929).

Le Black Friday, c’est un jour de soldes monstres, comme on n’en connaît pas en Europe (jusqu’à ce qu’on importe le concept). Les magasins lancent les achats de la période de Noël en proposant des remises énormes ce qui donne lieu à des scènes des cohues générales et de bastons parfois violentes. A celui qui prendra le premier la télévision en solde ou à celle qui arrachera des mains de son voisin le DVD à 1$.

Il existe en vérité plusieurs versions (peu documentées) sur la véritable origine du concept de Black Friday, à vous de choisir votre préférée.

Le nom de cette tradition commerciale américaine apparaît pour la première fois dans la presse en 1951 et désigne l’ennui pour les patrons de voir tous leurs employés se faire porter pâles le vendredi pour faire le pont entre Thanksgiving (toujours le dernier jeudi de novembre) et le week-end.

En 1961, à Philadelphie, on utilise également l’expression de "Vendredi Noir" pour décrire l’état des routes encombrées par les consommateurs qui allaient rendre visite au Père Noël (premier jour de son arrivée dans les Malls et autres commerces) et commencer leurs achats pour les fêtes de fin d’année. Et les policiers de surenchérir pour souligner le nombre d’heures supplémentaires que cela engendrait et l’interdiction de prendre congé (un sacré "vendredi noir" pour eux).

Une dernière légende (la moins documentées) parlent des commerçants qui proposaient des soldes incroyables pour booster leurs revenus un peu faiblards avant la période de Noël. A ce moment-là, le nom du Black Friday change de signification, il devient noir parce que les livres de compte passent du rouge (en négatif) au noir (bénéfices).

Une expression donc au départ négative et que les commerçants vont tenter de changer en Big Friday dans les années 1970 mais l’expression est trop profondément ancrée, elle restera !

Et en Europe ?

Selon un sondage, il y a seulement 4 ans, 86% des commerçants belges ne savaient pas ce que signifie le terme Black Friday.

La tendance est arrivée en 2013 même si elle ne faisait pas beaucoup parler d’elle et que de nombreux passants se demandaient ce que pouvaient bien signifier ces panneaux 'Black Friday' sur les devantures de quelques magasins. C’est en 2016 que le phénomène prend réellement son envol mais, au contraire des Etats-Unis où les soldes ont lieu dans les magasins directement, en Europe on préfère internet.

Ce sont les grosses enseignes telles que Amazon, Cdiscount, Apple, etc. qui profitent du phénomène pour proposer des réductions sur des articles souvent peu soldés (ordinateurs, appareils photos, etc.) pendant une période de 24h ou, plus souvent, tout le week-end (qui s’appelle alors 'Cyber Weekend').

Cependant, de nombreuses personnes se demandent si les soldes sont réelles et les affaires si juteuses que ça. Depuis 2015, l’association de consommateurs UFC-Que choisir dénonce régulièrement le Black Friday en comparant les prix de milliers de produits avant et pendant l’évènement. Cela va en chagriner plus d’un mais (est-ce vraiment une surprise ?) les bonnes affaires sont rares. La plupart des prix d’origine sont gonflés au moment des soldes pour donner l’impression d’une bonne affaire.

Dans son étude du Black Friday 2016, on découvrait :

" Pour l’édition 2016, les conclusions de notre comparaison des prix ne sont guère plus encourageantes. Si on considère qu’une ristourne de 20% commence à être intéressante pour les consommateurs, ils vont devoir se contenter de quelques offres :

  • PC portables : 26 offres sur les 3 813 étudiées proposent une remise supérieure à 20% (soit 0,7% des offres sur Internet) ;
  • appareils photo numériques : 20 offres sur les 2 566 étudiées proposent une remise supérieure à 20% (soit 0,8% des offres sur Internet) ;
  • smartphones : 52 offres sur les 4 099 étudiées proposent une remise supérieure à 20% (soit 1,3% des offres sur Internet) ;
  • téléviseurs : 28 offres sur les 1 928 étudiées proposent une remise supérieure à 20% (soit 2% des offres sur Internet) ;
  • lave-linge : 19 offres sur les 1 160 étudiées proposent une remise supérieure à 20% (soit 1,6% des offres sur Internet) ;
  • tablettes tactiles : 9 offres sur les 1 644 étudiées proposent une remise supérieure à 20% (soit 0,5% des offres sur Internet). "

Quelques chiffres impressionnants

Aux Etats-Unis, le Black Friday engendre des scènes d’hystéries, de véritables bagarres voirê même des morts. Le premier décès enregistré était celui d'un employé d’un magasin qui s’était littéralement fait piétiner par la foule lors de l’ouverture des grilles. Selon le site Black Friday Death Count, depuis cet événement tragique, il y a eu au total pas moins de 12 morts et 117 blessés liés directement au Black Friday.

Le Black Friday a devancé toutes les journées de l’année en termes de dépenses, il passe devant les soldes, la veille de Noël ou toute autre action commerciale avec plus de 60 milliards de dollars dépensés rien qu'aux Etats-Unis en 2018.

En France, d’après le Groupement d’intérêt économique (GIE) des cartes bancaires, un record historique de transactions bancaires a été atteint en 2017, avec 42,8 millions de paiements par carte. Un record pulvérisé ensuite l’année suivante avec 50 millions de transactions.

Que les soldes soient réelles ou non, cela n’empêchera pas des millions (milliards ?) de personnes de se ruer sur les (bonnes ?) affaires du vendredi 29 novembre !