Les origines de Saint-Nicolas et sa légende

Les origines de Saint-Nicolas et sa légende
3 images
Les origines de Saint-Nicolas et sa légende - © sara_winter - Getty Images/iStockphoto

Saint-Nicolas fait couler beaucoup d’encre depuis quelques années avec les débats sur le racisme et les déformations de la légende.

Revenons sur les origines de l’histoire de ce Saint et sur la légende que l’on raconte aux enfants en cette journée du 6 décembre.

Aux origines, la chrétienté

Nicolas de Myre est né en Asie Mineure (au sud-ouest de l’actuelle Turquie) entre l’an 250 et 270. Il succède à son oncle et devient l’Évêque de Myre (d’où son grand chapeau). Il serait mort le 6 décembre aux environs de 329 et devint Saint car on lui attribue des miracles tout au long de sa vie.

Au Xe siècle, une relique (pour être précis, une de ses phalanges) de Saint-Nicolas a été transportée vers le Duché de Lorraine où une basilique fut érigée en l’honneur du Saint et fini par devenir le saint patron de la Lorraine. C'est à ce moment là que Saint-Nicolas fait son entrée dans nos légendes et nos traditions avec des différences en fonction des régions (Allemagne, Hollande, Alsace, Belgique).

Le grand barbu (qui offre des cadeaux) et le ramoneur (qui fouette les enfants)

La légende que l’on raconte aux enfants aujourd’hui a plusieurs variantes mais les grandes lignes sont toujours les mêmes.

Trois enfants (envoyés ou non par leur père) se perdent par une froide soirée et toquent à la porte d’une maison. Leur ouvre alors un méchant boucher qui leur propose de venir se réchauffer et dormir chez lui mais veut en fait les découper et les manger (grand frisson). Parce que les légendes des siècles passés sont parfois sanglantes, les enfants sont tués, découpés et installés dans le saloir du boucher pour en faire du petit salé (qui accompagne bien la choucroute).

Saint-Nicolas (qui sentit ou non la situation), sur son fier destrier (un âne) vint à passer par là et toque à la porte du boucher. Impressionné par la venue d’un évêque dans son humble demeure, l’homme lui propose de rester pour le repas. Ni une, ni deux, Saint-Nicolas lui demande du petit salé (mais sans choucroute). Le sous-entendu ne passe pas inaperçu et le boucher se confond en excuses et repentirs.

Au-dessus du tonneau contenant les enfants, Saint-Nicolas déploie trois doigts. Les enfants se reforment et ressuscitent.

Saint-Nicolas ne pardonne pas facilement et enchaîne le boucher à son âne, le forçant à l’accompagner. Vous aurez bien entendu reconnu le Père Fouettard dans le rôle du boucher. Outre sa méchanceté légendaire, les coups de fouets aux vilains enfants et les morceaux de charbon offert à la place des cadeaux, le Père Fouettard est également le ramoneur personnel de Saint-Nicolas. Il passe avant lui dans la cheminée pour permettre au saint de ne pas salir sa belle robe rouge et blanche. Sa couleur de peau (noire) n’a donc rien à voir avec une vision colonialiste et esclavagiste comme de nombreuses dérives marketing (utilisation d’images représentant un Africain de la traite négrière) peuvent le faire penser.

Dans nos jolies contrées, la légende fait parfois venir Saint-Nicolas sur un âne magique ou un grand cheval blanc, sortant d’un bateau espagnol.

Quelles que soient ses origines, le Grand Saint vient toujours déposer des chocolats, des spéculoos et des mandarines dans les souliers des enfants (sages) dans la nuit du 5 au 6 décembre. Certains lui laissent des biscuits et un shot d’alcool et des carottes et un verre de lait pour son âne, pour leur donner courage dans la grande tournée des enfants de Belgique. Aujourd’hui, Saint-Nicolas ne se contente plus de donner des friandises mais prend le rôle de Père Noël en déposant également des cadeaux !