Le vignoble chinois en 5 questions

Dans un chai du Yinchuan, dans la région de Ningxia Hui
Dans un chai du Yinchuan, dans la région de Ningxia Hui - © GOH CHAI HIN / AFP

Plus grand rendez-vous du vin au monde, Vinexpo ouvrira ses portes à Bordeaux dimanche 18 juin. Les acheteurs chinois seront scrutés de près par tous les experts, soucieux de mesurer les projets de l'Empire du Milieu dans la vigne, attendu comme le plus grand consommateur de vin de demain. Portrait du vignoble chinois. 

Quelle consommation ?

D'après la dernière étude du cabinet IWSR, la consommation de vin en valeur des Chinois exploserait de 39,8% à l'horizon 2020. Avec un portefeuille de près de 22 millions de dollars, les dépenses des Chinois dépasseront celles des Français pour se rapprocher de celles des Américains. En volume, les habitants de l'Empire du Milieu sont les cinquièmes plus grands consommateurs de vin (en incluant Hong Kong), dégustant 153,1 millions de caisses en 2016. En 2020, leur consommation s'évaluerait à 182,9 millions. S'ils conservaient leur position, leur consommation bondirait tout de même de 19,5%. En Chine, pour des raisons culturelles, les habitants boivent surtout du vin rouge, sachant que seules les classes aisées sont concernées. Le rouge est une couleur porte-bonheur, synonyme de fortune et de puissance, à l'inverse du blanc qui se rapporte à la tristesse et au deuil.

Quelle production ?

La Chine est aujourd'hui le deuxième vignoble du monde en termes de superficie, gagnant 17.000 hectares supplémentaires entre 2015 et 2016, d'après les derniers chiffres de l'Organisation internationale du vin (OIV). Les Chinois cultivent 847.000 hectares, contre 980.000 pour le plus grand vignoble du monde : l'Espagne. À noter que ces vastes terres ne sont pas toutes dédiées au vin puisque la Chine est le plus grand producteur de raisin (14,6 millions de tonnes en 2016). Les vignerons chinois n'apparaissent d'ailleurs pas dans le dernier top dix des plus grands producteurs mondiaux de la boisson de Bacchus, chapeauté par l'Italie puis par la France. Pour autant, la production du vin a été soutenue par l'État qui encourage à boire plutôt du vin que des boissons à base de céréales, comme la bière ou des eaux-de-vie depuis 1996.

Quel terroir ?

Avec 9,5 millions de km², le territoire chinois offre une multitude de reliefs et de climats, qui ne se prêtent pas toujours à la culture de la vigne, d'autant que le pays est aussi soumis aux aléas de la mousson. 40% du pays se situe à plus de 2.000 mètres d'altitude. Au nord-est, tout proche de la Corée du Nord, c'est la région viticole la plus froide du monde, avec des températures pouvant descendre jusqu'à -40°C. La province de Shandong, à l'est, dispose d'un climat idéal. Les tout premiers domaines de notre époque y ont d'ailleurs été installés. Pour sa part, le groupe LVMH a choisi la région du Yunnan pour faire naître ce que le géant du luxe aimerait voir devenir comme le plus grand vin chinois. Les vignes sont installées au bord du Mékong, sur les contreforts de l'Himalaya, à côté de la ville Shangri-La. De leurs côtés, la province d'Hebei et sa région de Hua Zhuo bénéficient d'un sol sableux et graveleux, dans l'esprit de ceux de Bordeaux. Cabernet-sauvignon et merlot s'y épanouissent.

Quels cépages ?

Contrairement au système français, les producteurs de vin chinois ne sont pas vignerons. Ces derniers achètent le raisin auprès d'agriculteurs qui ne connaissent pas les techniques viticoles. De nombreux cépages internationaux sont cultivés comme le riesling dans la province de Ningxia. Le chardonnay ne manque pas dans la région de Shihezi. Les Chinois connaissent la star rhodanienne, la syrah, mais aussi la grenache et le pinot noir.

Quels vins ?

Les Chinois ont fait appel à des oenologues français pour leur enseigner les meilleures méthodes d'assemblage, qui se résumaient jusqu'alors à un mélange de raisins à du vin lambda. Les oenophiles de l'Empire du Milieu admirent en effet sur les étiquettes françaises, en raison de la valeur symbolique d'une bouteille de vin qui est avant tout un trophée que l'on exhibe sur la table. Pour autant, une coopération sino-française a donné vie à un vin très respecté, élevé au sud de Pékin : Dynasty. Aussi, Changyu est la grande entreprise viticole chinoise. La société est d'ailleurs associée au numéro un français du vin : le groupe Castel.