Le longboard dancing, sport confidentiel... star des réseaux sociaux

Parmi les membres du jury, Lotfi Lamaali, longboarder français de 37 ans, fut le premier vainqueur.
Parmi les membres du jury, Lotfi Lamaali, longboarder français de 37 ans, fut le premier vainqueur. - © FRANCK FIFE/AFP

Des pas de danse fluides sur une planche, puis une acrobatie élégante et une figure avec la Tour Eiffel en arrière-plan : Paris est une place forte du longboard dancing, dont les adeptes ont décidé que la pandémie de Covid n'enrayerait pas l'essor.

Organisés depuis 2013 aux Pays-Bas, l'événement "So... You Can Longboard Dance ?", sorte de championnats du monde de cette discipline qui reste dans l'ombre du skate, n'ont pas pu avoir lieu cette année, par la faute du nouveau coronavirus. Qu'à cela ne tienne, il fut délocalisé... sur Instagram. Le vainqueur doit être désigné via sa performance en vidéo.

Du skate artistique, des vidéos qui cartonnent sur les réseaux sociaux

Parmi les membres du jury, Lotfi Lamaali, longboarder français de 37 ans, qui fut le premier vainqueur : "Cette édition a très très bien marché. On n'a d'ailleurs pas fini le travail. Il y a eu beaucoup d'entrées, de tous les continents. Je vois qu'en 2020, l'engouement pour le longboard dancing ne s'est pas éteint".

Du skate, un peu de danse, l'esprit du surf, souvent sur le bitume des villes, au rythme de la musique. Apparue au début des années 2000 aux Etats-Unis, la discipline colle parfaitement à l'esprit des réseaux sociaux.

Lotfi Lamaali, alias lotfiwoodwalker, affiche 130.000 abonnés sur Instagram, plus de 380.000 sur Tik Tok. Ses vidéos élégantes expliquent sa popularité. Sur sa planche, devant le Trocadéro, ses petits pas et figures aériennes, lui attirent rapidement l'intérêt des badauds. "S'il n'y avait pas les réseaux sociaux, on n'en serait pas là", dit le champion qui n'est pas le seul à inonder la toile de ses performances à la fois sportives et artistiques.

Champion du monde en 2018 et vice-champion du monde 2019, Aboubakry Seck, 33.000 abonnés sur Instagram, ou Axel Massin, alias Achel Machin (62.000 abonnés) sont d'autres représentants de la scène française, tous s'appuyant sur des vidéos très soignées.

"C'est vraiment un sport"

Lotfi Lamaali a  été approché par les publicitaires : "C'est là que je me suis dit qu'il y avait quelque chose à en tirer, que quelque chose plaisait. Et petit à petit, je me dis que cette discipline-là n'est pas qu'une tendance, ce que je croyais à un moment. C'est vraiment un sport et si on travaille, il peut s'ancrer dans la culture sportive mondiale". Selon lui, "en terme de titres gagnés, on a le plus grand nombre de gens ici, à Paris".

La discipline dépend de la fédération française de roller-skate mais cette dernière n'intervient pas dans l'organisation de compétitions. "Cela se fait de façon artisanale, par nos propres moyens", dit Lotfi Lamaali qui, dès 2014, avait lancé sur Facebook le mouvement DockSession, qui réunit les amateurs sur les quais de Seine et attire les novices vers ce sport, qui se veut inclusif.