La santé et l'éducation passent après la dette dans un pays sur huit

La santé et l'éducation passent après la dette dans un pays sur huit.
La santé et l'éducation passent après la dette dans un pays sur huit. - © Klaus Vedfelt - Getty Images

Pas moins de 25 pays dans le monde ont consacré un budget plus important au service de la dette qu'à l'ensemble de leurs services sociaux en 2019, incluant l'éducation, la santé et la protection sociale.

Face à ce constat alarmant, les Fonds des Nations Unies pour l'enfance (Unicef) demandent la mise en place de mesures à l'échelle mondiale visant à alléger cette charge, qui pèse notamment sur les plus jeunes.

1 dollar pour le social, 3 dollars pour la dette

Dans son rapport "COVID-19 et la crise imminente de la dette", l'Unicef fait savoir que près d'un pays sur huit dans le monde a dépensé des sommes plus importantes pour la dette que pour la protection sociale, l'éducation, et la santé réunies en 2019.

Plus en détail, avant que la crise sanitaire ne bloque la planète, la Gambie, Haïti, le Soudan du Sud ou encore le Tchad, parmi les pays ayant les niveaux les plus élevés de service de la dette, déboursaient au moins 3 dollars US à la dette pour un dollar consacré aux services sociaux dits essentiels.

"Les enfants vivant dans des pays lourdement endettés, qui n'ont pas beaucoup de ressources à allouer à la protection sociale, à l'éducation et à la santé, ont peu de chances de s'affranchir un jour de la pauvreté et des privations", regrette Henrietta Fore, directrice générale d'Unicef.

"Cette situation a d'énormes coûts sur les plans personnel et public et laisse aux enfants, à leur communauté et à leur pays peu d'espoir d'un développement économique et social durable", ajoute-t-elle.

Alléger la dette pour donner une chance au développement

Le rapport précise que "le quart des pays à revenu faible ou intermédiaire sont actuellement surendettés ou risquent de l'être".

Pas moins de 200 millions d'enfants seraient concernés par cette situation, que la pandémie va encore aggraver.

Il est d'ailleurs précisé que les pays endettés ont déjà commencé à alléger certains budgets, notamment ceux consacrés à la protection de l'enfance, à la nutrition mais aussi aux services d'approvisionnement en eau, d'assainissement et d'hygiène.

"Il est essentiel d'alléger et de restructurer en profondeur la dette pour assurer une reprise qui soit à la fois inclusive et durable et éviter aux enfants de subir un double fardeau : la réduction des services sociaux aujourd'hui et l'accroissement de la dette à l'avenir", explique Henrietta Fore.

"Il est impératif que les organisations internationales, les créanciers et les gouvernements unissent leurs efforts pour réduire le fardeau de la dette et affecter les économies ainsi réalisées à des investissements sociaux pour tous", conclut-elle.