La Saint-Valentin : quelle est son histoire ?

La Saint-Valentin : quelle est son histoire ?
La Saint-Valentin : quelle est son histoire ? - © seksan Mongkhonkhamsao - Getty Images

Une fête commerciale, d’aucuns s’empresseront de dire, et ils n’auront pas tout à fait tort.

La Saint-Valentin, cette fête qu’on aime tant détester, qui compte beaucoup pour certains, pas du tout pour d’autres. Cette fête qui permet aux célibataires de déprimer et aux couples de se pavaner. Mais au fond, quelles sont ses origines ?

La religion chrétienne

Hé oui, avec un 'saint' dans le nom de la fête, il fallait s’y attendre : la religion chrétienne est (en partie) responsable. Et ce saint, il s’appelait Valentin. Incroyable.

A part ça, on ne sait pas grand-chose de manière certaine sur cet homme qui est mort un 14 février aux alentours de l’an 270, condamné à mort par l’empereur Claude II pour avoir consacré des mariages chrétiens de manière clandestine. On pourrait donc se dire qu’il était un bien gentil monsieur qui voulait célébrer l’amour et la famille. Cependant, la raison pour laquelle ces mariages étaient interdits à l’époque (et donc pourquoi il s’est fait exécuter) c’est que les hommes, mariés selon la loi chrétienne, pouvaient (devaient disaient-ils) rester avec leurs familles et ne pas partir à la guerre. C’est bien pratique, ça !

Remplacement d’une fête païenne

Tout comme la Noël a été instaurée au moment de la fête du solstice d’hiver, la Saint-Valentin permettait de transformer une fête païenne en respectable célébration chrétienne. C’est la fête païenne des Lupercales qui sera remplacée par la Saint-Valentin le 14 février. Elle avait lieu entre le 13 et le 15 février pour profiter de l’arrivée du printemps et célébrait la purification et la fécondité.

Datant des origines de Rome, cette fête consistait en un sacrifice rituel d’un (pauvre) bouc (qui n’avait rien demandé à personne), suivi d’une course durant laquelle des hommes enduits du sang du bouc poursuivaient les femmes et les frappaient avec des lanières de peau de ce (pauvre) bouc. Les coups de lanière assuraient aux femmes d’être fécondes et d’avoir une grossesse heureuse… (douceur et amour n’est-ce pas ?)

Les Lupercales ont été interdites en 494 et remplacées par deux fêtes : la purification à la chandeleur (quand on mange des crêpes, on est plus purs c’est bien connu) et l’amour à la Saint-Valentin.

Le Saint-Patron des amoureux

Il faudra attendre environ 1200 ans après la mort de Valentin pour qu’il devienne le saint patron des amoureux. En 1496, sur ordre du pape Alexandre VI, Saint-Valentin est devenu le protecteur des amoureux et, surtout, des pauvres célibataires en mal d’amour.

Les festivités du 14 février permettaient aux jeunes célibataires de trouver un partenaire de vie. Selon les régions et pays, les traditions étaient différentes et mettaient en première ligne les femmes ou les hommes. Par exemple, une partie de cache cache mettait en jeu les jeunes femmes dans le village qui devaient être découvertes par les hommes (jeunes et moins jeunes) célibataires. Bien évidemment, trouver une jeune femme ne faisait pas d’elle votre fiancée, les couples pouvaient durer une soirée ou la vie (s’ils avaient de la chance).

Pourquoi le 14 février ?

Cette date n’aurait pas été choisie au hasard et, cette fois-ci, ce n’est pas la religion chrétienne la fautive. Il paraîtrait que le 14 février est le jour du début de la saison des amours chez les oiseaux. A partir de cette date, on réentend les chants d’oiseaux qui sortent de l’hiver (clairement, ils n’habitaient pas en Belgique ces oiseaux parce qu’on est encore bien en hiver ici). La nature serait donc la raison du choix du 14 février.

Au 19e siècle, la tradition des 'Valentins', des petites cartes ornées d’oiseaux, de cupidons et de fleurs fait son apparition et n’a cessé depuis, s’y ajoutant les chocolats, les cadeaux, déclarations d’amour, demandes en mariage, etc.

La Saint-Valentin dans le monde

Aux Etats-Unis, il est d’usage d’envoyer une carte à tous les êtres aimés. On ne parle pas ici d’un mari et de toutes ses maîtresses mais bien de sa famille, de ses enfants, ses tantes, ses amis.

Au Japon, le 14 février est une journée dédiée aux hommes. Les femmes sont priées d’offrir des cadeaux à leurs maris mais également à tous leurs amis et collègues masculins. Ne crions pas tout de suite au sexisme, ces messieurs se rattrapent un mois plus tard lors du 'jour blanc' où ils doivent offrir un cadeau blanc et d’une valeur trois fois supérieure à celle du cadeau reçu pour la Saint-Valentin ! Qui c’est qui rigole maintenant ?

Si vous recevez 108 roses en Thaïlande le jour de la Saint-Valentin, c’est qu’on vous demande en mariage.

En Norvège, une grande course est organisée durant laquelle les femmes ne sont pas fouettées par des lanières de bouc ensanglantées (heureusement) mais bien portées par leur homme lors d’un parcours d’obstacles. Le grand vainqueur reçoit le poids de sa femme en bière… et il perdra probablement l’année suivante à cause du bide à bières qu’il y gagne !