Des chercheurs cherchent à créer une version digitale de Venise

Ces dernières années, la ville italienne de Venise a subi de nombreuses inondations, qui menacent la préservation de son patrimoine culturel.
Ces dernières années, la ville italienne de Venise a subi de nombreuses inondations, qui menacent la préservation de son patrimoine culturel. - © Miguel MEDINA/AFP

Et si Venise était vouée à disparaître, submergée par les eaux ? Alors que Venise a dû faire face à des inondations historiques en novembre dernier, une équipe de scientifiques européens a entrepris en juillet de digitaliser plusieurs monuments de la ville italienne.

Le but ? Préserver le patrimoine culturel de Venise en créant une version digitale de la Cité des Doges.

Un projet test qui a bénéficié des technologies les plus pointues

Les chercheurs de la Fondation Factum ont entamé cet ambitieux projet, qui bénéficie du soutien de la Fondazione Giorgio Cini, de l'Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne et de la start-up Iconem, par la digitalisation de la mythique basilique de San Giorgio Maggiore. 

Située sur une petite île du même nom, cette basilique est l'un des monuments les plus visités de la ville italienne, où se rendent entre 25 et 30 millions de touristes étrangers chaque année.

Les scientifiques se sont servis de drones et de la technique de la télédétection par laser (LIDAR) pour photographier et capturer l'île de San Giorgio Maggiore dans les moindres détails.

Il leur aura notamment fallu une journée entière pour cartographier l'intérieur de la fameuse basilique et de son clocher. 

Des capteurs laser déployés via des unités portables ont permis aux chercheurs de cartographier San Giorgio Maggiore dans son intégralité, en utilisant des données enregistrées dans plus de 600 localisations différentes à travers l'île. Ils ont alors pu reconstituer une copie 3D de la destination vénitienne avec l'aide de logiciels de photogrammétrie. 

Cartographier la ville pour en préserver les merveilles

"Le but de cette opération était de démontrer que des technologies telles que la photogrammétrie terrestre et aérienne ainsi que le LIDAR pourraient éventuellement permettre de cartographier Venise dans son ensemble", explique la Fondation Factum dans un communiqué. 

Bien que la crise du coronavirus ait mis une halte momentanée à ces travaux, les autorités italiennes ne cessent de s'interroger quant à la préservation des trésors architecturaux de Venise, menacés par des "acque alte" (montées des eaux) de plus en plus fréquentes. 

Le projet MOSE ("Module expérimental électromécanique") consisterait à installer 78 digues flottantes qui se lèveraient pour fermer la lagune de Venise en cas de montée de la mer Adriatique. Des problèmes de surcoût et de malfaçons ont toutefois considérablement freiné l'avancée des travaux de construction du projet, qui ne pourrait voir le jour qu'en 2021.