Climat: roter moins pour polluer moins, la recette des vaches heureuses

Climat: roter moins pour polluer moins, la recette des vaches heureuses
Climat: roter moins pour polluer moins, la recette des vaches heureuses - © Bosca78 - Getty Images/iStockphoto

Les vaches rotent moins, produisent moins de méthane -l'un des principaux gaz à effet de serre- et plus de lait, lorsqu'elles consomment du lin cuit porteur d'Omega 3, indique une étude scientifique européenne menée depuis trois ans, présentée mardi à Hanovre (Allemagne) au salon de l'élevage EuroTier.

"L'étude montre que l'on a pu réduire les rots et la production de méthane de 10 à 37% selon les pays en complétant les rations alimentaires des vaches laitières avec du lin cuit, surtout en hiver lorsque les animaux n'ont pas d'herbe fraîche disponible", a expliqué à l'AFP Béatrice Dupont, chef de projet Eco Methane au sein de l'entreprise de nutrition animale Valorex qui a présenté les résultats à Hanovre.

En France, l'étude a été menée depuis 2013 par l'Institut national de recherche agronomique (Inra), l'institut de l'élevage (Idele), la coopérative Terrena, l'entreprise Valorex et l'association Bleu Blanc Coeur dans 16 exploitations laitières disposant de 60 vaches en moyenne.

Des coopératives agricoles ont participé dans chacun des pays concernés par l'étude, Allemagne, Espagne, Pologne et Israël, réunissant quelque 75 exploitations laitières, de 200 vaches chacune en moyenne.

"Les pays où l'on observe la baisse la plus importante, sont ceux où les vaches consomment le moins d'herbe dans leur ration alimentaire ordinaire, comme Israël, où le recul de la production de méthane s'élève à 37% avec le lin", indique Mme Dupont, jointe par téléphone.

En France, le recul s'est élevé à 15% par animal, en Espagne à 20%, en Pologne à 10% et en Allemagne à 25%. Les chiffres pour la Grande-Bretagne, la Suède et le Danemark n'étaient pas immédiatement disponibles, mais montraient un net recul aussi, selon Mme Dupont.

La ration de lin est plus chère que le tourteau de soja communément donné aux vaches, mais le lin favorise aussi la digestion et la lactation, ce qui présente un intérêt économique et qualitatif pour l'éleveur.

"Le lin coûte entre 5 et 10% de plus qu'un aliment classique, mais il me permet aussi de gagner 2 à 3 litres de lait supplémentaires par jour et de réduire de 30% mes émissions de méthane", a précisé à l'AFP Remy Desbles, éleveur à Liffré, en Ille-et-Villaine, qui pratique ce type d'alimentation depuis plus de 20 ans.

L'alimentation bovine au lin rehausse aussi la qualité des viandes, en stockant les Omega 3, qui se répercutent sur l'alimentation humaine, comme l'a montré une autre étude scientifique, rendue publique la semaine dernière.