Algorithmes et carte d'identité : comment YouTube compte protéger les mineurs de contenus choquants

Algorithmes et carte d'identité : comment YouTube compte protéger les mineurs de contenus choquants.
Algorithmes et carte d'identité : comment YouTube compte protéger les mineurs de contenus choquants. - © Sergio G. Caizares - Getty Images

Plus de deux milliards de personnes visionnent chaque mois au moins une vidéo sur YouTube. Parmi elles, de nombreux mineurs, parfois exposés à des contenus qui peuvent être choquants pour eux. Afin de les préserver, Google travaille à l'aide d'algorithmes pour modifier automatiquement la restriction d'âge de certains contenus. Quant aux internautes, ils devront bientôt justifier de leur âge grâce à leur carte d'identité par exemple.

YouTube compte donc sur l'intelligence artificielle, ou plus précisément l'apprentissage automatique, pour mieux adapter certaines restrictions d'accès.

Sexe et violence : les plus jeunes redirigés vers d'autres images

L'idée de Google est de protéger les plus jeunes face à des images crues ou violentes, pas forcément adaptées à leur âge. Mathématiquement, cela signifie que de plus en plus de vidéos seront ainsi soumises à une restriction d'âge. Pour rappel, les créateurs peuvent déjà indiquer s'il y a une restriction d'âge pour leurs contenus, mais cela n'est souvent pas suffisant.

Si un internaute n'a pas l'âge requis pour visionner un contenu, il se voit redirigé vers d'autres contenus plus adaptés à son âge. Dans tous les cas, il faut que les utilisateurs soient connectés à leur compte afin que Google puisse comparer la qualité de la vidéo à l'âge de l'internaute.

Vos papiers, s'il vous plaît !

Pour vérifier qu'un utilisateur est bien majeur, Google s'engage à prochainement lui demander les coordonnées de sa carte bancaire ou sa carte d'identité.

Cette dernière sera ainsi probablement demandée aux internautes européens pour justifier de leur âge, conformément à la nouvelle directive européenne sur les médias audiovisuels.

Celle-ci stipule en effet que "les pays de l'UE doivent prendre les mesures appropriées pour garantir que les programmes susceptibles de 'nuire à l'épanouissement physique, mental ou moral des mineurs' ne soient mis à disposition que dans des conditions telles que les mineurs ne puissent normalement pas les entendre ni les voir [...] Les contenus les plus préjudiciables, tels que la pornographie et la violence gratuite, font l'objet des mesures les plus strictes".

Google ne donne cependant pas de calendrier concernant la mise en place de ces nouvelles dispositions et continue de recommander sa plateforme dédiée aux moins de 13 ans, YouTube Kids, dans laquelle les contenus sont systématiquement filtrés.

Le défi est d'autant plus grand que chaque internaute se rendant sur YouTube passe en moyenne 16 minutes et 10 secondes chaque jour à y regarder une demi-douzaine de vidéos, selon les dernières statistiques d'Alexa Internet, une donnée sans cesse en progression.