A vendre: sachet d'Apollo 11 ayant contenu des bouts de lune

La pochette qu'utilisa Neil Armstrong pour ranger les premiers échantillons lunaires jamais ramassés par l'Homme sera mise aux enchères jeudi prochain à New York.
La pochette qu'utilisa Neil Armstrong pour ranger les premiers échantillons lunaires jamais ramassés par l'Homme sera mise aux enchères jeudi prochain à New York. - © Jewel SAMAD / AFP

Elle a failli finir à la poubelle et fut au coeur d'une bataille judiciaire: la pochette qu'utilisa Neil Armstrong pour ranger les premiers échantillons lunaires jamais ramassés par l'Homme sera mise aux enchères jeudi prochain à New York.

La valeur de cette pochette à tirette de la taille d'une trousse de toilette est estimée entre 2 et 4 millions de dollars. C'est le seul objet de la mission Apollo 11 resté aux mains de propriétaires privés, imprégnée de traces de poussière et de petits cailloux lunaires, selon la maison Sotheby's, dont la vente va coïncider avec le 48e anniversaire de l'alunissage historique de 1969.

"Quelque chose utilisé par le premier homme, de la première mission, qui ramassa les premiers échantillons, c'est remarquable", a fait valoir Cassandra Hatton, vice-présidente de Sotheby's en charge de la vente. En tenant la pochette, "votre coeur bat la chamade, vos mains tremblent", a-t-elle ajouté. "Je n'ai jamais été aussi près de serrer la main de Neil Armstrong ou de marcher sur la lune."

Armstrong ramassa ces échantillons de poussière et fragments de rochers en cinq points différents de la surface lunaire. Vu leur nature alors inconnue, ils furent placés dans des sachets de décontamination pour limiter les risques de toxicité.

Une fois Apollo 11 revenue sur terre, la quasi-totalité du matériel fut expédiée au musée de l'air et de l'espace de Washington. Mais suite à une erreur d'inventaire, la pochette échoua au Johnson Space Center.

Le personnel faillit la jeter, avant de la proposer à un collectionneur spatial du Kansas, gratuitement semble-t-il, qui la conserva sans connaître son histoire.

A la suite d'une condamnation sans lien avec cette affaire, le FBI confisqua ses avoirs, pochette comprise. Elle fut mise aux enchères trois fois sans trouver preneur, jusqu'à ce qu'une avocate de l'Illinois ne s'en empare en 2015 pour une bouchée de pain: 995 dollars.

Remarquant des traces noires, elle l'envoya pour test à la NASA, qui confirma qu'il s'agissait de poussière lunaire d'Apollo 11 et d'un sachet de décontamination figurant sur la liste d'arrimage.

Une bataille judiciaire s'ensuivit pour établir la propriété de la pochette, qu'un juge texan finit par trancher en faveur de l'avocate de l'Illinois.

Parmi les autres objets liés à la conquête spatiale proposés par Sotheby's le 20 juillet figure aussi le plan de vol d'Apollo 13 de 1970, estimé entre 30.000 et 40.000 dollars. Il enregistra les actions de l'équipage de ce qui devait être la troisième mission sur la Lune, jusqu'à ce que l'explosion d'un réservoir d'oxygène n'endommage le vaisseau et n'oblige l'équipage à envoyer un message resté célèbre au centre de contrôle texan: "Houston, nous avons un problème".


AFP