Les petits déchets en aluminium, une mine encore à exploiter

Les petits emballages en aluminium sont une mine pour le recyclage de ce métal, qui commence à peine à être exploitée.
Les petits emballages en aluminium sont une mine pour le recyclage de ce métal, qui commence à peine à être exploitée. - © Umkehrer / Istock.com

Capsules de café, gourdes pour compotes, opercules de bouteilles de lait...: les petits emballages en aluminium sont une mine pour le recyclage de ce métal, qui commence à peine à être exploitée, à la différence des canettes ou des aérosols.

Trop petits ou trop légers, ces déchets échappent au tri dans les centres "où tout ce qui est plus petit qu'un pot de yaourt tombe par terre et n'est pas valorisé", explique Angeline Charbonnier, déléguée générale adjointe du Celaa, le Club du recyclage de l'emballage léger en aluminium et en acier.

Le Celaa regroupe des entreprises de l'agroalimentaire (Nespresso, Bel, Materne, Coca-Cola European Partners), des fabricants d'emballages métalliques (Alltub, Ball Packaging, SNFBM...) et des opérateurs du recyclage (France Aluminium Recyclage, Veolia...).

Avec notamment Eco-Emballages, l'organisme chargé de gérer les déchets ménagers, et l'Association des maires de France, le Celaa a lancé en 2014 un projet de recyclage de ces déchets négligés jusqu'à présent, à la différence des emballages rigides comme les canettes, les boîtes de conserve ou les aérosols.

Les emballages souples, comme les feuilles d'aluminium, de petite taille comme les capsules et les bouchons, ou complexes, c'est-à-dire mêlant couches d'aluminium et de plastique, comme les gourdes, représentent pourtant un gisement considérable.

Selon une étude financée par Eco-Emballages, "le gisement total des emballages en aluminium est de 100.000 tonnes, et sur ces 100.000 tonnes, il y a 60.000 tonnes d'emballages souples, légers et petits", indique Mme Charbonnier. La part de ces emballages est donc "plus importante que celle des canettes et des aérosols".

Balbutiements

Pourtant, leur recyclage n'en est qu'à ses balbutiements.

En incluant les expérimentations menées dans des centres pilotes à partir de 2010, jusqu'à présent, "entre 800 et 1.000 tonnes d'aluminium léger ont pu être triées et recyclées", indique la responsable du Celaa.

Seulement douze centres de tri, couvrant cinq millions d'habitants, sont aujourd'hui impliqués. En moyenne, ils ont augmenté de 50% leur tonnage d'aluminium destiné au recyclage, selon le Celaa.

Le Celaa espère atteindre en 2017 les dix millions d'habitants, avec la modernisation de trois ou quatre centres de tri supplémentaires.

Autre difficulté: les emballages légers "ne peuvent pas être recyclés dans la filière traditionnelle de recyclage des emballages en aluminium classique", explique Mme Charbonnier.

L'aluminium classique --rigide et assez épais--, est recyclé dans des fours de fusion dont la température est trop élevée pour les emballages petits, souples ou complexes qui finiraient brûlés.

Seule la pyrolyse, qui brûle les produits organiques (plastiques, vernis, laques, papiers) mais laisse l'aluminium intact grâce à une température moins élevée, peut être utilisée.

Les emballages en aluminium souples sont envoyés dans une usine en Allemagne, proche de la frontière.

Une usine française qui faisait de la pyrolyse sur d'autres types de déchets s'est manifestée très récemment et pourrait représenter un nouveau débouché en 2017.

Reste aussi à encourager les habitants à trier leurs emballages métalliques. "Quand des consignes de tri ont été communiquées aux habitants, en moyenne, on constate une hausse de 20%" de la collecte, précise Mme Charbonnier.

Dans le centre de tri de Nanterre par exemple, "le tonnage des emballages légers en aluminium est passé de 32 tonnes en 2015 à 51 tonnes" pour les neuf premiers mois de 2016, après une campagne de sensibilisation, témoigne Hervé Marseille, président du Syctom, l'agence métropolitaine des déchets ménagers, cité dans un document du Celaa.

Le taux de recyclage de l'ensemble des emballages en aluminium est passé de 32% en 2012 à 41% en 2015, rappelle le Celaa.

Selon une étude financée par Eco-Emballages, un taux de 60% peut "être raisonnablement envisagé" si chaque habitant "trie 10 canettes et 50 petits emballages supplémentaires chaque année" et si le tri s'améliore pour capter 80% des aluminiums rigides et 50% des aluminiums légers.