Salon de Genève : la confirmation du retour du break ?

Audi RS6 Avant.
2 images
Audi RS6 Avant. - © Geoff Maxted

Ces dernières années ont été celles de l'essor inexorable des SUV, désormais omniprésents sur les routes. Mais, ici et là sur les stands du salon de Genève, on a vu réapparaître une rareté : le break.

Volvo présentait son V90 racé. Mercedes exposait son AMG E63 S, une voiture familiale développant 603 chevaux de pure performance à un prix qui dépassera sans doute les 100.000 $ (94.000 €).

Le break a longtemps été la seule alternative à la berline et il était par conséquent très demandé. Depuis l'essor inexorable du SUV, cependant, les breaks se font de plus en plus rares sur les routes. Mais, comme en témoigne le salon de Genève, sa renaissance est en route.

À l'inverse des voitures sportives ou des GTi, ces voitures n'ont jamais été très attirantes. Lorsque le SUV est arrivé, offrant le même volume utile dans une carrosserie plus resserrée et plus haute, les acheteurs se sont précipités dessus.

Pourquoi donc ce retour de la forme break ? En fait, la demande a toujours existé, même s'ils s'agissait d'un marché de niche. Ainsi, si certains constructeurs ont complètement abandonné le break, d'autres au contraire l'ont considéré comme une occasion à ne pas manquer.

Le break, voiture de sport lui aussi

"Il existe une demande de base qui ne varie pas énormément", explique Stephanie Brinley, analyste senior au cabinet d'études de marché IHS. "C'est suffisant pour qu'en profitent les acteurs qui n'ont pas abandonné ce segment."

Les rares conducteurs qui apprécient le break sont considérés comme les meilleurs clients qui soient par les constructeurs automobiles. Ils ont un meilleur niveau d'éducation, semble-t-il, sont plus à l'aise financièrement et plus fidèles que les autres clients, ce qui contredit les clichés d'il y a quelques décennies.

Un break est une merveille d'ingénierie non seulement mécanique mais aussi financière : vendu plus cher et ne coûtant quasiment rien de plus, il offre une marge par unité généralement plus élevée que celle d'une voiture classique. La Volvo V90 toutes options peut atteindre plus de 75.000 €, et elle est aussi rapide que silencieuse.

Il est loin le temps où break était synonyme d'ennui. Les derniers breaks en date sont extrêmement dynamiques et ils surpassent même dans ce domaine les gros SUV. Le segment devient donc de plus en plus sportif : l'Audi RS6 Avant, qui coûte à peu près le même prix que l'AMG E63 S, peut transporter une famille et ses bagages, mais également le faire plus vite que la grande majorité des voitures disponibles sur les routes.

Les marques prestigieuses s'y mettent aussi, à l'instar de Porsche. Les breaks actuels n'ont rien à voir avec les "tâcherons" d'antan : équipés de moteurs surpuissants, de coffres immenses et même de la transmission intégrale, ils offrent une alternative réelle aux SUV dominateurs.