Le cabriolet Mercedes 300 SL fête ses 60 ans

Comme ce fut le cas pour tous les constructeurs allemands, il fallut plusieurs années à Mercedes pour se reconstruire une image positive après la Seconde Guerre mondiale. Cependant, par sa motivation inépuisable dès son retour à la compétition automobile en 1952, il ne fallut que deux ans à la marque à l'étoile pour dominer à nouveau le sport mécanique.

Mais Mercedes désirait également devenir une force dominante sur le marché américain, et grâce à Max Hoffman, pilote viennois reconverti comme importateur américain de voitures européennes, la firme allemande trouva rapidement la réponse au problème.

Hoffman se plaignait que la marque ne disposât pas d'une "grosse attraction" pour séduire les consommateurs américains. C'est ainsi que Mercedes eut l'idée ingénieuse de proposer une version route de sa voiture de course, la 300 SL à portes papillon : ce fut sans doute la première "supercar", une voiture combinant performances spectaculaires et esthétique phénoménale.

Abandon des portes-papillon

Pourtant, malgré l'accueil extrêmement positif que la voiture reçut lors de son lancement à New York en 1954 (800 des 1.400 coupés 300 SL construits entre 1954 et 1957 furent vendus à des Américains), Hoffman n'était toujours pas satisfait et demanda à Mercedes de lui fournir une version cabriolet de la voiture.

Ainsi, cette année-là, Friedrich Geiger, designer en chef de la marque, s'attela à la tâche et améliora la ligne abaissée du coupé en simplifiant tous les aspects qui pouvaient faire obstacle aux exigences de la conduite "en plein air".

Cela demandait de réimaginer complètement le châssis. Le bas de caisse du coupé était très haut et faisait le tour complet du véhicule, ce qui obligeait à l'utilisation des fameuses portes-papillon qui s'ouvraient verticalement. Les modifications effectuées pour la cabriolet permettaient la mise en place de portes traditionnelles et d'un coffre généreux et offraient assez de place pour équiper la voiture d'une suspension plus sophistiquée qui améliorait drastiquement la tenue de route.

1 million de dollars même en mauvais état

Mais les performances n'en pâtirent aucunement : avec un pare-brise spécial course et le siège passager recouvert, la voiture parcourut l'autoroute Munich-Ingolstadt à la moyenne de 242,5 km/h.

Entre 1957 et 1963, en dépit du fait qu'elle était l'une des voitures les plus chères du monde (elle coûtait 10.900$ de l'époque en version standard), la version cabriolet de la 300 SL se vendit à 1.858 exemplaires avant son remplacement par la série W113, mieux connue sous le nom de Pagode, et toujours dessinée par Friedrich Geiger.

C'est grâce à la 300 SL que Mercedes se fit une place dans la conscience américaine. Entre 1936 et 1941, le constructeur allemand n'avait en effet exporté que 41 voitures vers les États-Unis. Mais grâce aux conseils éclairés de Max Hoffman, en 1957, la firme exportait 6.048 véhicules par an outre-Atlantique.

De nos jours, même en mauvais état, un cabriolet 300 SL se vend facilement plus d'1 million de dollars aux enchères, ce qui en fait l'une des Mercedes les plus recherchées par les collectionneurs depuis l'avènement de la firme.