Pourquoi tout le monde parle de "comfort déco" ?

Et si on arrêtait d'être parfait et qu'on passait à la "comfort déco" ?
Et si on arrêtait d'être parfait et qu'on passait à la "comfort déco" ? - © Peter_visual / Shutterstock

Fraîchement débarquée des Etats-Unis, la "comfort deco" est la tendance qui veut nous apporter du réconfort. On oublie les dictats des magazines et on s'approprie son chez soi avec son petit bazar, quitte à tendre vers le kitsch. Mais au fond, est-ce vraiment grave ?

Elle est à notre intérieur ce que le reblochon est à l'hiver : elle fleure bon le réconfort. Avec la tendance "comfort déco", on se papouille, on cocoone, on se repose et on se ressource.

Moins calorique que son homologue culinaire, riche en sucre et en gras, elle en partage l'essence : le lâcher-prise. Bref, elle décomplexe et déculpabilise. Et ça tombe bien, on en a grand besoin !

"Ma déco n'est pas parfaite et j'assume"

Exit la pression de l'intérieur parfait, rangé, propret. On laisse tomber la perfection véhiculée par les magazines et les influenceurs et on se laisse séduire par la joyeuseté du bazar organisé et du "mix and match".

Les opposés se réconcilient par juxtaposition et apposition.

Des lignes épurées et métalliques jouent avec des matières naturelles, douces au toucher, comme le lin ou le coton. Des bibelots anciens flirtent avec une mise en scène moderne.

On alterne aussi coins cosy pour lire, se reposer ou profiter d'un rayon de soleil, avec des coins plus organisés, comme la cuisine ou l'entrée. 

Régression et "mauvais goût"

Vincent Grégoire travaille pour le cabinet de tendances parisien Nelly Rodi. Il analyse le phénomène : "Ce concept existe aussi en mode, en beauté et évidemment en cuisine. Plus il y a du gras, du sucre, moins, en fait, on complexe et on se pose de questions. Il y a un côté régressif, un poil de mauvais goût et une absence totale de conscience écolo".

Le directeur précise aussi que la "comfort déco" répond à notre besoin de sécurité et de protection.

Marketing ou réelle tendance ?

On pourrait voir dans la "comfort déco" un effet d'opportunisme. N'avons-nous pas besoin de nous réfugier quelque part en cette période incertaine ? Et nos intérieurs ne sont-ils pas notre ultime bastion de repli ?

Le créneau du bien-être en déco est déjà bien occupé : on connaissait déjà le hygge, l'art de vivre culte à la danoise qui prône le douillet et le cocooning, et ses déclinaisons finlandaise (le Sisu), suédoise (le Lagom) et japonaise (ikigaï).

Avait-on besoin d'un nouveau concept ? Pour Vincent Grégoire, c'est un grand oui. Il voit dans la "comfort déco" une transgression, celle d'un "contre-pouvoir" contre le "storytelling" du bien, du beau, du parfait. On adhère ?