World's 50 Best Restaurants: que mange-t-on dans le meilleur restaurant du monde?

 

Il vous faudra attendre au moins deux mois pour réserver une table dans cet antre de la cuisine méditerranéenne, déjà maintes fois reconnu. En attendant de déplier votre serviette, voici pourquoi Mirazur a conquis les honneurs gastronomiques internationaux, depuis Michelin jusqu'aux World's 50 Best Restaurants.  

"J'aime la cuisine de Mauro parce qu'elle sait être contemporaine et méditerranéenne, dans une interprétation forte du lieu où elle prend vie, qui est au cœur de son récit. Une histoire qui naît au potager, dans la mise en valeur des produits végétaux intelligemment conjugués au meilleur poisson de la Méditerranée, à quelques mètres en aval du restaurant, ainsi que dans le travail du gibier et de la viande des Ales, tout autour dans les hauteurs", écrit le chef triplement étoilé Massimo Bottura (Osteria Francescana, Modène) dans la préface du livre de Mauro Colagreco, sorti en juin 2018 aux éditions Ducasse, et détenteur du sixième Prix Champagne Collet du livre de chef. 

 

Tout est dit pour résumer parfaitement la promesse culinaire que Colagreco fait à ses clients qui s'attablent dans sa bâtisse des années 30. Parce que prendre place tout là-haut, sur cet éperon rocheux de Menton, se mérite. Ouvert en 2006, Mirazur a transformé sa situation géographique difficile d'accès en véritable atout, usant de la variété des produits aux alentours pour construire une identité culinaire originale et personnelle. La table azuréenne a fait son entrée dans le palmarès des World's 50 Best Restaurants en 2008, atteignant la troisième place dix ans plus tard.

 

De la montagne jusqu'à la mer

Né à La Plata en Argentine d'un père italien et d'une mère espagnole, Mauro Colagreco pose les bases d'une cuisine de partage, avec son fameux pain au sel marin que les clients sont invités à rompre pour le baigner dans l'huile d'olive. Un clin d’œil évident aux racines transalpines du chef, cette frontière italienne toute proche avec laquelle le chef compose tous les jours son menu. La Grande Bleue, c'est son terrain de jeu. Le chef privilégie les espèces issues de la pêche locale et n'hésite pas à transformer les arêtes des sardines en amuse-bouche pour mettre les papilles en appétit.

 

Surtout, la patte Colagreco s'identifie dans le pont que le cuisinier, désigné révélation de l'année par Gault&Millau six mois seulement après l'ouverture du Mirazur, opère toujours avec le végétal.

Les langoustines s'acoquinent des fleurs sauvages, le tourteau s'amourache de la tagète.

Et au pays des citrons de Menton, le goût des asperges vertes est relevé par le pamplemousse rose tandis que le maître italo-argentin n'oublie pas le terroir azuréen en associant le lard de porc au cédrat confit et aux saveurs du sapin. La chair du pigeonneau quant à elle rappelle la couleur velours des fraises des bois de l'assiette.

De la montagne qui entoure le restaurant jusqu'aux profondeurs de la Méditerranée qui berce la vue des clients, tous les plats de Colagreco partagent un point commun: celui de revendiquer le travail des producteurs de la "French Riviera", que le cuisinier à l'accent chantant aime mettre en valeur. 

 

Compter 260 euros le menu dégustation, que le chef compose au fil des saisons. A l'exception de l'été, Mauro Colagreco propose un menu déjeuner à 160 euros pour découvrir sa signature. 

Mirazur a obtenu sa première étoile Michelin en 2007, pour en ajouter une suivante en 2012, puis une troisième en 2019.