Primeurs de Bordeaux: le millésime 2017 atypique à cause du gel

Primeurs de Bordeaux: le millésime 2017 atypique à cause du gel
Primeurs de Bordeaux: le millésime 2017 atypique à cause du gel - © MaxBaumann - Getty Images/iStockphoto

Blancs secs et vins liquoreux de qualité, rouges plus nuancés : atypique en raison du gel printanier dévastateur, le millésime 2017 devrait réserver de belles surprises...

 

"C'est le terroir qui parle en 2017, avec une hétérogénéité malheureusement induite par le gel. Quand on a pu faire du vin avec les vignes qui ont été gelées, le résultat était globalement insuffisant. Dans les endroits où ça n'a pas gelé, c'est hétérogène", résume Axel Marchal, maître de conférences à l'Institut des sciences de la vigne et du vin dans la banlieue bordelaise.

Ainsi, dans le Médoc, le nord a été épargné, Margaux un peu moins, Listrac et Moulis ont été localement dévastés. Les Pessac-Léognan ont été plus ou moins touchés tandis que la rive droite, où se trouve Saint-Emilion, a "beaucoup souffert", note ce consultant, après deux années consécutives où la qualité et la quantité étaient au rendez-vous.

 

"Aromatiques superbes"

Selon les premières dégustations qui ont commencé fin mars, "les blancs s'avèrent très aromatiques, frais, riches et mûrs", selon cet universitaire. "Beaucoup ont des équilibres de rêve pour des vins blancs secs. On a fait de grands blancs en 2017, meilleurs qu'en 2016 et 2015", estime-t-il, soulignant que "les rouges sont globalement fruités, correctement colorés, équilibrés et savoureux sans être des monstres de puissance."

Quant à Sauternes, "c'est un joli millésime. Les vins liquoreux sont riches et puissants mais ils manquent parfois de fraîcheur", selon M. Marchal.

 

D'autres, malgré une faible quantité, tirent leur épingle du jeu en s'adaptant aux conditions climatiques. Dans l'appellation Pessac-Léognan, le château Latour-Martillac a mis moins de merlot, cépage qui a souffert du gel d'avril, dans ses assemblages. Pour le château Malartic-Lagravière, un grand travail de sélection des grappes a notamment permis, malgré de petits volumes, d'obtenir des vins avec "un fruit éclatant et des aromatiques superbes".

 

Pour un millésime qui a connu un gel comparable à 1991, "c'est un millésime meilleur que 1991, selon un connaisseur des grands crus bordelais, le bon côtoie le moins bon".

 

Question prix, la tendance est à la baisse. 2017 est de "très très bonne qualité, mais pas exceptionnel comme 2015 et 2016, selon le négociant bordelais Jean-Pierre Rousseau, directeur général de Diva, les prix devraient être à la baisse".