Mais qui est Yotam Ottolenghi, la rock star de la cuisine méditerranéenne ?

Mais qui est Yotam Ottolenghi, la rock star de la cuisine méditerranéenne ?
Mais qui est Yotam Ottolenghi, la rock star de la cuisine méditerranéenne ? - © Mike Coppola

Auteur de best-sellers culinaires et chef de six établissements, Yotam Ottolenghi est l'instigateur du boum de la cuisine méditerranéenne dans les capitales occidentales. Mais qui est cette pop star du zaatar ?

Une nourriture simple, savoureuse et végétale mais riche en histoire et en saveur. Voilà un concentré de la cuisine de Yotam Ottolenghi. Ce chef londonien, originaire de Jérusalem, est propriétaire de six établissements, dont Nopi et Novi, à Londres.

Le "chef-philosophe" a séduit critiques et public

Dans ces ouvrages, dont sa dernière publication "Flavour", le chef érige ses recettes au rang d'art. Un travail d'orfèvre qui lui vaudra d'être baptisé "chef-philosophe" par les médias américains.

Mais au vu des 7 millions d'exemplaires de ses ouvrages écoulés dans 24 pays, des 1,4 million de followers sur Instagram en plus des fidèles de ses colonnes dans The Guardian ou The New York Times, le chef remporte aussi, et de loin, la faveur populaire.

Yotam Ottolenghi reste modeste : "Je me concentre sur mon travail. S'il inspire les gens, alors j'en suis heureux".

"Ce temps fou perdu à couper les légumes en brunoise, en julienne... Je n'ai jamais compris cet impératif de présenter les légumes sous une forme qui n'est pas la leur", explique le chef au sujet de la cuisine française. Pas mieux côté britannique, où il manque de s'étouffer lorsqu'il constate que sa belle-mère "surcuit" les brocolis à l'eau bouillante, leur ôtant toute saveur.

Alors, à coup d'épices et de cuisson croquante et moelleuse, ce quinquagénaire a introduit dans les capitales de l'Occident la cuisine méditerranéenne en prouvant au passage que l'on pouvait être végan sans être ennuyeux.

Il donne aux légumes le premier rôle en croisant influences française, turque, italienne et israélienne, bien sûr, avec simplicité et authenticité. Comme la recette du céleri entier, juste badigeonné d'huile d'olive avant d'être enfourné pendant trois heures.

De la littérature à la cantine de quartier

De ces jeunes années à Jérusalem, le chef gardera le goût des currys de sa mère allemande et de la polenta de son père toscan. Jusqu'au décès de son frère de 23 ans. Yotam Ottolenghi part alors faire son service militaire, avant de décrocher un diplôme de littérature à Tel-Aviv. Il déménage ensuite à Amsterdam, où il potasse les bouquins de cuisine de Julia Child.

Il lâche la philo pour la cuisine et intègre l'école du Cordon Bleu à Londres. Il fait ses armes dans des restaurants gastronomiques. Mais c'est dans l'esprit cantine de quartier qu'il se sent le plus à l'aise. Il en ouvre quatre, aux côtés de Sami Tamimi, son associé, et publie un premier ouvrage dans la foulée.

Houmous et réconciliation

Mais c'est son livre "Jérusalem" qui va faire décoller sa carrière. A l'image de son alliance avec Sami, le livre propose des recettes de deux amis gays qui réconcilient Israël et Palestine dans l'assiette.

Le succès est immédiat et houmous, chou-fleur rôti et aubergine au tahini font le tour du monde. Après ce succès, le chef n'a pas hésité à révéler dans la presse sa vie en tant que papa gay de deux fils nés sous GPA, avec son époux Karl Allen.

Yotam Ottolenghi dispense aujourd'hui ses cours en master class et propose ses produits à la vente sur son e-shop. De quoi garder le cap, même pendant la fermeture de ses établissements liée au Covid.